Les appels à la réforme du cadre antitrust du Canada se font de plus en plus forts.
Le 7 février 2022, le ministre de l'Innovation, des Sciences et de l'Industrie, François-Philippe Champagne, a annoncé
Examen législatif
À cette étape préliminaire, il n'est pas clair quelle direction cet examen législatif (et les modifications qui en découlent) pourrait prendre. De nombreuses parties prenantes ont contribué aux modifications proposées à la Loi, y compris le professeur Edward Iacobucci, le Bureau de la concurrence et plusieurs autres en réponse à
Le ministre a laissé entendre qu'il pourrait y avoir une, ou peut-être deux, phases à son examen et à d'éventuelles mesures de modification. Si une approche en deux phases est adoptée, il peut y avoir certaines propositions avec un élan difficile à arrêter derrière elles qui, qu'elles soient souhaitables ou non, peuvent aller de l'avant avec un processus d'examen plus minimal (par exemple, criminaliser la fixation des salaires et pas d'accords de braconnage). En revanche, d'autres questions peuvent faire l'objet de consultations plus approfondies auprès des intervenants (p. ex., tout changement aux critères de fond de la concurrence ou d'autres changements fondamentaux comme le transfert du fardeau).
Bien que certaines des modifications proposées semblent très susceptibles d'aller de l'avant et semblent, à première vue, relativement peu controversées, il faut examiner attentivement la formulation de ces changements, même pour s'assurer qu'ils n'entraînent pas de conséquences néfastes imprévues pour l'économie canadienne et ses participants. On peut en dire autant, en mettant encore plus l'accent sur les propositions les plus controversées.
Les recommandations du Bureau — Un écart par rapport au positionnement antérieur
Le lendemain de l'annonce du ministre, le Bureau a publié ses propres recommandations de réforme législative de la Loi (le mémoire du Bureau). Jusqu'à tout récemment, le Bureau soutenait que le cadre de concurrence du Canada est bien équipé pour réglementer efficacement l'économie d'aujourd'hui, y compris son caractère largement numérisé. Il est important de noter que le mémoire du Bureau reflète un écart total par rapport à cette vision de l'efficacité de la Loi. L'occasion que pourrait présenter l'intérêt actuel du ministre pour la concurrence était peut-être tout simplement trop grande pour que le Bureau puisse s'y opposer.
À savoir, la présentation du Bureau énumère pas moins de 35 recommandations que le Bureau formule comme étant nécessaires pour harmoniser le cadre de concurrence du Canada avec ses homologues internationaux et aborder les questions urgentes liées aux industries émergentes et à la numérisation de l'économie. Notamment, le mémoire du Bureau comprend les recommandations suivantes :
- Examen des fusions — Le Bureau propose plusieurs changements, y compris l'élimination de la défense fondée sur les gains en efficience, de nouvelles règles pour traiter des soi-disant « acquisitions tueuses » et le transfert du fardeau de la preuve sur les parties à la fusion pour prouver pourquoi une fusion concentrative ne diminuerait pas ou n'empêcherait pas sensiblement la concurrence — un changement radical qui dispenserait considérablement le Bureau d'avoir à prouver sa cause. Le Bureau propose également de prolonger le délai de prescription pour que le commissaire de la concurrence conteste une fusion d'un an à trois ans.
- Abus de position dominante et autre comportement anticoncurrentiel — Le Bureau propose de modifier les dispositions relatives à l'abus de position dominante afin de tenir compte de la conduite visant à nuire à la concurrence, et pas seulement de la conduite visant à nuire à un concurrent. À l'instar de l'examen des fusions, le Bureau propose de nouvelles normes pour s'attaquer aux comportements anticoncurrentiels à l'intention des concurrents émergents dans notre économie numérisée, ce qui allie au Bureau le fardeau de porter plainte.
- Représentations au marché — Le Bureau propose certains changements aux dispositions de la Loi relatives aux pratiques commerciales trompeuses, notamment en reconnaissant explicitement que la « tarification au goutte-à-goutte » est nuisible et, ce qui est important, en transférant le fardeau de la preuve aux entreprises pour prouver que les publicités sont vraies et non trompeuses.
- Cartels — Le Bureau propose de modifier la Loi afin de prévoir explicitement la possibilité de poursuivre au criminel les complots préjudiciables du côté de l'achat, y compris les accords de fixation des salaires et de non-braconnage.
- Enquêtes et litiges — Le Bureau propose de simplifier et d'accélérer les litiges dans la mesure du possible, mais sans précisions sur la façon dont cela serait accompli de manière juste et équilibrée. Il propose également une immunité générale pour lui-même contre toute attribution de frais potentielle.
- Autre — Le Bureau propose d'autoriser l'accès privé au Tribunal de la concurrence pour les cas d'abus de position dominante et de collaboration avec des concurrents. Il recommande également d'augmenter considérablement les sanctions pécuniaires dans diverses dispositions et de donner au commissaire le pouvoir d'exiger la production de renseignements pertinents aux « études de marché » (par définition, les activités non liées à l'application de la loi).
Examen des recommandations
Les 180
Bien que ce ne soit pas l'objet de l'annonce du ministre, la prévalence croissante des modèles d'affaires numériques et des changements technologiques en général ont stimulé les appels à une éventuelle réforme antitrust. Bien que les organismes d'autres grandes administrations préconisent depuis plusieurs années de modifier leur cadre antitrust sous l'angle populiste, le Bureau a été un résout collectif notable. Par exemple, dans une série de publications en 2017 et en 2018, le Bureau a constamment soutenu que le cadre actuel de la concurrence au Canada est suffisamment solide pour traiter des questions présentées par l'économie numérisée et d'autres défis posés par les structures de marché d'aujourd'hui.
Avec la publication du mémoire du Bureau, il est clair que le Bureau s'est complètement éloigné de cette position, justifiant les réformes proposées de grande envergure comme étant « nécessaires » pour s'aligner sur bon nombre de ses principaux partenaires commerciaux et s'acquitter de son mandat. Ce « sur-visage » est conforme à la Pour obtenir l’autorisation de republier la présente publication ou toute autre publication, veuillez communiquer avec Peter Zvanitajs à ZvanitajsP@bennettjones.com. La présente publication offre un aperçu des tendances juridiques et des mises à jour connexes à titre informatif seulement. Pour obtenir des conseils personnalisés, veuillez communiquer avec l’un des auteurs. Note : Cette traduction a été générée par l’intelligence artificielle.






















