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Au cours des dernières années, l’investissement en capital-investissement dans le sport a augmenté à l’échelle mondiale, marquant un changement transformateur dans le paysage financier et opérationnel du sport professionnel. Le marché mondial du sport était évalué à près de 516 milliards de dollars américains en 2024, et les prévisions indiquent qu’il dépassera 893 milliards de dollars américains d’ici 2034. Les grandes ligues nord-américaines, dont la NFL, la NBA, la MLB, la LNH et la MLS, ont réagi à cet élan en assouplissant les restrictions en matière de propriété depuis 2020, permettant aux sociétés de capital-investissement d’acquérir des participations minoritaires et favorisant l’intensification des transactions. En 2024, les placements minoritaires représentaient 48 % du volume des transactions, ce qui reflète une tendance croissante des structures de placement passif. Aujourd’hui, plus de 74 équipes sportives nord-américaines sont soutenues par du capital-investissement ou affiliées à celui-ci, et beaucoup plus considèrent le capital-investissement comme un partenaire de croissance stratégique dans un contexte de hausse des évaluations des équipes d’évolution des modèles de monétisation.
La portée du capital-investissement dans les sports dépasse maintenant largement la propriété d’équipes. Les investissements s’orientent vers les marchés verticaux du sport comme les infrastructures de stades, les entreprises de technologie sportive, les droits médiatiques, les commandites et les paris sportifs, ce qui transforme profondément l’activité sportive.
Pourquoi les sports gagnent : l’attrait stratégique et économique des investissements sportifs
L’attrait du capital-investissement dans le domaine du sport est motivé par une combinaison de caractéristiques uniques :
- Rareté et fidélité : Les occasions limitées d’acquérir des participations dans des franchises sportives créent une rareté qui, combinée à une forte fidélité à la marque et à l’engagement des amateurs, stimule la demande des investisseurs et augmente les valorisations en raison de la prime de rareté.
- Rendements non corrélés et protection en cas de baisse : Les franchises sportives ont constamment maintenu et augmenté leurs valorisations, même pendant les périodes de volatilité du marché et de ralentissement économique plus large. Les actifs sportifs constituent une couverture intéressante contre les risques de marché plus larges tout en offrant un potentiel de hausse considérable.
- Flux de revenus diversifiés et potentiel de croissance : Les investissements dans le sport offrent de multiples sources de revenus récurrents, y compris les droits médiatiques, la vente de billets, les commandites et la marchandise, qui assurent la stabilité financière et stimulent les évaluations des franchises. Le capital-investissement accélère cette croissance en tirant parti de son expertise opérationnelle pour aider les franchises à dégager de nouveaux canaux de revenus et à maximiser la valeur. Au-delà de la propriété d’équipe, l’écosystème sportif élargi, y compris la technologie, l’infrastructure et les paris, présente des occasions de placement diversifiées et évolutives. Les investissements directs dans ces marchés verticaux sont particulièrement intéressants pour le capital d’investissement privé parce qu’ils sont plus accessibles, nécessitent moins de capitaux et profitent tout de même de la résilience économique de l’industrie du sport et d’un solide engagement des amateurs.
Investissements sportifs emblématiques par des fonds de capital-investissement canadiens
Les organisations canadiennes jouent un rôle de plus en plus important dans les transactions marquantes, tirant parti de leur position pour saisir des occasions au pays tout en poursuivant des investissements transfrontaliers.
Du côté des franchises, le capital-investissement canadien a joué un rôle visible dans plusieurs acquisitions importantes :
- Maple Leaf Sports et Entertainment (MLSE), propriétaire de franchises emblématiques de Toronto, dont les Maple Leafs de Toronto, les Raptors de Toronto et le Toronto FC, a connu plusieurs transitions importantes au fil des décennies. Le Régime de retraite des enseignantes et des enseignants de l’Ontario est devenu l’actionnaire majoritaire tout au long des années 1990 et 2000, détenant finalement près de 80 % de l’entreprise avant de vendre sa participation en 2012 à BCE Inc. et à Rogers Communications Inc., qui se sont partagé une participation combinée de 75 %, tandis que Kilmer Sports Inc. a conservé une participation de 25 %. En 2023, OMERS a indirectement pénétré la structure de MLSE en acquérant une participation minoritaire dans Kilmer Sports Inc. Ce long arc de propriété institutionnelle privée a culminé lorsque Rogers a acquis la participation de 37,5 % de BCE Inc. dans MLSE pour 4,7 G$ CA, augmentant sa participation à 75 % et la positionnant pour un contrôle complet d’ici 2026.
- Dans le domaine du sport féminin, Kilmer Sports Ventures a acquis le Toronto Tempo de la Women’s National Basketball Association (WNBA) pour 115 millions de dollars américains en 2024, aux côtés de Serena Williams et d’autres investisseurs individuels qui se sont joints au groupe de propriétaires en 2025.
- En 2023, les Sénateurs d’Ottawa ont été achetés par Michael Andlauer et un consortium privé financé par capitaux propres pour 950 millions de dollars américains, et l’équipe poursuit maintenant un projet d’aréna au centre-ville.
Au-delà de la propriété d’équipes, le capital-investissement canadien s’est considérablement étendu aux marchés verticaux du sport :
- La société Reichmann Segal Capital Partners, établie à Toronto, s’est démarquée en tant que chef de file des infrastructures sportives avec ses acquisitions d’Athletica Sport Systems, un important fournisseur de tableaux de bord et d’équipement de patinoire pour la LNH, en 2024, et d’OES Inc., un fabricant de tableaux de pointage et de systèmes de chronométrage à DEL, en 2025.
- Détenue à part entière par des sociétés de capital-investissement canadiennes, Bauer Hockey, l’une des plus grandes marques d’équipement de hockey au monde, est devenue une société de capital-investissement en 2008 lorsque Nike a vendu la marque à la société américaine Kohlberg et Co. Les nouveaux propriétaires ont restructuré Bauer en une structure de portefeuille qui est devenue plus tard Performance Sports Group (PSG), société cotée en bourse. Après que PSG a déclaré faillite en 2016, les investisseurs canadiens Fairfax Financial Holdings et Sagard Holdings ont acquis les actifs de PSG, y compris Bauer, pour environ 575 M$ US, créant ainsi la nouvelle entité mère Peak Achievement Athletics Inc. En 2024, Fairfax a racheté la participation de Sagard, faisant de Bauer une société entièrement canadienne. Peak détient également Cascade Lacrosse et Maverik Lacrosse.
- CCM Hockey, une autre marque d’équipement canadienne largement reconnue, appartenait depuis longtemps à Adidas jusqu’en 2017, lorsqu’elle a été vendue à Birch Hill Equity Partners, société canadienne de capital-investissement, marquant le début d’une transformation pluriannuelle axée sur le capital-investissement. Sous la propriété de Birch Hill, CCM a élargi ses gammes de produits, renforcé ses activités et enregistré une croissance substantielle de sa rentabilité. Cette croissance soutenue a préparé le terrain pour la vente de CCM en 2025 à la société de capital-investissement suédoise Altor Equity Partners, avec le co-investisseur Northleaf Capital Partners; ensemble, ils ont acquis une participation majoritaire et positionné CCM pour sa prochaine phase d’expansion mondiale.
L’investissement privé au Canada : nouvelles possibilités stratégiques
Les récentes activités de capital-investissement dans le sport nord-américain se sont concentrées aux États-Unis, où se trouvent la majorité des franchises professionnelles. Des transactions très médiatisées — telles que les investissements de plusieurs milliards de dollars de Sixth Street Partners dans les Boston Celtics et les New England Patriots, la participation d’Ares Management dans les Miami Dolphins, et l’intérêt de propriété d’Arctos Partners dans les Buffalo Bills — illustrent l’ampleur et la dynamique des investissements en capital-investissement dans le sport au sud de la frontière canadienne.
Cette tendance crée une ouverture claire pour le Canada. Avec l’attention mondiale en hausse et l’évolution des marchés domestiques, les investisseurs canadiens disposent d’une occasion opportune de reproduire ce succès et de façonner la prochaine vague d’investissements en capital-investissement dans l’industrie sportive.
Coupe du monde 2026 : un catalyseur pour l’investissement sportif canadien
La prochaine Coupe du monde de la FIFA en 2026, au cours de laquelle le Canada est un pays hôte, offre une occasion unique pour le Canada d’attirer une attention et des capitaux semblables. Ce tournoi historique devrait apporter au Canada une poussée sans précédent de tourisme, d’investissement et de visibilité mondiale, servant de catalyseur rare pour l’économie sportive du pays en créant des possibilités d’investissement qui s’étendront bien au-delà du championnat. Le tournoi devrait générer des milliards de dollars d’activité économique grâce à la modernisation des stades, à l’expansion de l’hôtellerie, à l’infrastructure numérique, aux activités événementielles et au déploiement de technologies sportives, des domaines où le capital-investissement a déjà démontré un grand intérêt et un grand succès aux États-Unis et au Canada. Les récentes transactions liées à la Coupe du monde illustrent cette trajectoire, notamment l’achat par Providence Equity Partners de Global Critical Logistics, le fournisseur officiel de logistique pour la Coupe du monde de la FIFA de 2026, dans le cadre d’une transaction évaluée à plus de 1 milliard de dollars américains. À mesure que les préparatifs de la Coupe du monde s’accélèrent, le Canada devrait voir émerger des occasions d’investissement semblables.
Sports féminins : le prochain marché en croissance
Les ligues féminines représentent une occasion intéressante pour les sociétés de capital-investissement à la recherche d’occasions d’investissement dans le sport à forte croissance et à faible coût. L’élan du secteur est clair : les revenus mondiaux du sport féminin devraient atteindre 2,35 milliards de dollars américains d’ici 2025, soit une hausse de près de 240 % en seulement trois ans. Ce qui distingue ce secteur, c’est son fort attrait commercial et l’engagement des commanditaires : les amateurs de sports féminins sont deux fois plus susceptibles d’acheter des produits endossés par des athlètes féminines, 54 % connaissent mieux les commanditaires et 45 % sont plus enclins à envisager de commanditer des marques de sports féminins ou à acheter de telles marques. Ces mesures mettent en évidence la capacité du secteur à offrir un engagement authentique et une valeur exceptionnelle pour les investisseurs.
La Coupe du monde de la FIFA de 2026 étant sur le point d’insuffler une visibilité et un enthousiasme sans précédent pour le soccer au Canada, la Northern Super League (NSL), la première ligue de soccer féminine nationale au Canada, est un exemple remarquable d’une occasion d’investissement prometteuse dans les sports féminins. En tant que seule ligue de soccer professionnelle au Canada, l’expansion prévue de NSL en 2027 et son partenariat avec Whitecap Sports Group pour recruter de nouveaux groupes de propriétaires offrent aux sociétés de capital-investissement canadiennes la possibilité de tirer parti de l’élan culturel et d’investir dans des équipes qui offrent de faibles coûts d’entrée et un potentiel de croissance attrayant.
La Ligue professionnelle de hockey féminin (PWHL) est une autre opportunité à suivre. Bien que la ligue et ses équipes soient actuellement détenues en propriété exclusive par le Mark Walter Group, dirigé par Mark Walter, chef de la direction de Guggenheim Partners, les tendances plus générales observées dans les grandes ligues sportives, qui s’éloignent des modèles de propriété unique, comme c’est le cas dans les ligues comme la WNBA, pourraient éventuellement inciter à vendre des franchises individuelles de la PWHL ou des participations minoritaires. Cette possibilité mérite une attention particulière, car elle offrirait aux investisseurs un rare point d’entrée en début de croissance.
La hantise des investissements fructueux : structure, gouvernance et conformité
Alors que les ligues assouplissent les restrictions d’investissement de longue date, la propriété s’oriente vers des modèles et des structures juridiques qui demeurent largement non testés dans l’industrie du sport. Ces changements apportent de nouvelles complexités aux investissements en capital-investissement aux États-Unis et au Canada qui exigent une approche juridique disciplinée axée sur trois considérations clés :
- Structure : La structuration réfléchie des transactions est fondamentale dans les transactions axées sur le sport, où les relations commerciales complexes et les divers intérêts des parties prenantes se recoupent. Une structure bien équilibrée permet de s’assurer que l’opération établit un modèle de propriété et de capital qui gère le risque, maintient la souplesse, optimise l’efficience fiscale et préserve la valeur tout au long du cycle de vie des placements.
- Gouvernance : Les investissements sportifs s’inscrivent dans des cadres de gouvernance établis par les ligues, les fédérations et d’autres parties prenantes. Il est essentiel de comprendre ces cadres tôt pour structurer une opération conforme et viable, car ils imposent habituellement des limites de propriété, définissent les droits de vote, établissent des contrôles opérationnels, limitent l’influence des investisseurs passifs et exigent l’approbation de la fédération pour les changements de propriété.
- Conformité : Les investissements dans le sport sont assujettis à des exigences réglementaires et de licence complexes, qui s’étendent souvent à plusieurs territoires. Les ligues imposent souvent des politiques ou des exigences juridiques non publiques pour les investissements qui peuvent avoir une incidence importante sur les modalités et le calendrier des opérations. Une stratégie de conformité proactive — qui anticipe à la fois les règlements officiels et les politiques non divulguées de la ligue — assure la conclusion harmonieuse des transactions et positionne l’investissement de manière à ce qu’il s’accroisse sans revers inattendu.
Une nouvelle ère pour le capital-investissement canadien dans le sport
Le rôle croissant du capital-investissement dans le sport marque un changement fondamental dans la façon dont le secteur fonctionne et croît. Qu’il s’agisse de franchises de ligues majeures ou de nouveaux marchés verticaux du sport, le capital privé redéfinit l’architecture financière du sport professionnel et ouvre des possibilités sans précédent d’innovation et de création de valeur. L’objectif est clair : exploiter le potentiel financier tout en préservant l’intégrité et la passion qui rendent le sport unique.
Le sport universitaire canadien, par exemple, se trouve à un point d’inflexion qui pourrait se prêter idéalement à un modèle d’investissement en capital-investissement. Ce concept n’est pas théorique : la National Collegiate Athletic Association (NCAA) et ses équipes expérimentent activement des cadres d’investissement privé, comme en témoigne le partenariat novateur de l’Université de l’Utah avec un collectif soutenu par des fonds de capital-investissement, qui devrait fournir plus de 500 millions de dollars américains en capital à son département des sports. Cela marque un changement transformateur dans la manière dont les programmes de la NCAA peuvent assurer un financement durable — offrant des approches que U SPORTS, l’organisme national de régie du sport universitaire au Canada, pourrait adopter. Réalisé de manière responsable, le capital privé pourrait devenir le catalyseur qui préserve et renforce le sport universitaire canadien à long terme. Des développements récents, comme la décision de l’Université McGill de mettre fin à 25 équipes sportives universitaires, soulignent les pressions financières auxquelles font face les programmes de U SPORTS. Ces défis reflètent un problème structurel plus profond : le modèle de financement traditionnel du sport universitaire canadien ne suffit plus à maintenir les programmes. Les modèles de capital-investissement pourraient contribuer à regrouper et commercialiser les droits médiatiques et de commandite, moderniser les installations et financer des bourses — réduisant ainsi la dépendance aux budgets annuels des universités et aux cycles de dons.
Que ce soit au Canada ou sur la scène mondiale, le capital-investissement ne fait pas que participer à cette évolution, il définit l’avenir du sport et trace la voie pour les décennies à venir.
Groupe capital-investissement de Bennett Jones
Le groupe de capital-investissement de Bennett Jones est un chef de file au Canada. Nous conseillons des commanditaires de capital-investissement, des sociétés de portefeuille ainsi que d’autres fonds et investisseurs institutionnels sur des transactions transfrontalières complexes, la structuration et la création de valeur, en offrant des stratégies sur mesure qui maximisent les rendements et gèrent les risques. Pour en savoir plus, nous vous invitons à communiquer avec les auteurs ou avec les personnes-ressources clés du groupe de capital-investissement : Curtis Cusinato, Matthew Hunt et Kristopher Hanc.

























