La valeur des opérations de fusion et d’acquisition au Canada a fortement progressé en 2025, soutenue principalement par des opérations concernant des entreprises à grande capitalisation et un intérêt prononcé pour les infrastructures et les ressources. La valeur totale des opérations de fusion et d’acquisition en 2025 a dépassé de 118 milliards de dollars américains la valeur enregistrée en 2024, et ce, malgré une légère diminution du nombre d’opérations. La valeur de ces opérations a atteint 131 milliards de dollars américains au troisième trimestre de 2025, un total trimestriel record depuis le quatrième trimestre de 2020 selon S&P Global Market Intelligence.
On fait le même constat à l’échelle mondiale. Selon les données de Bloomberg, les opérations majeures ont porté la valeur des opérations de fusion et d’acquisition à près de 3,6 billions de dollars américains l’an dernier, une valeur quasi record. Ce total est supérieur de 38 % à celui enregistré en 2024 et n’est dépassé que par celui de 2021.
Dans notre mise à jour de fin d’année sur le contexte des fusions et des acquisitions au Canada et nos perspectives pour 2026, nous présentons les principaux enseignements tirés des données et des tendances du marché les plus récentes et nous analysons :
- la dynamique des opérations de fusion et d’acquisition concernant des entreprises à grande capitalisation au Canada au cours de l’année dernière;
- les défis persistants en matière de fusion et d’acquisition au Canada;
- la place centrale qu’occupent désormais les infrastructures au Canada;
- l’activité sur le marché intermédiaire et ce qu’il faut surveiller en 2026 au Canada;
- les marchés du crédit canadiens en 2025 et les perspectives pour l’année à venir.
La valeur globale des fusions et des acquisitions canadiennes annoncées ou réalisées a atteint 389,69 milliards de dollars américains en 2025, dépassant le total enregistré en 2021. Les opérations concernant des entreprises à grande capitalisation sont à l’origine de cette augmentation, le nombre d’opérations de fusion et d’acquisition ayant diminué. Nous examinerons de plus près ci-dessous les dynamiques des fusions et des acquisitions concernant des entreprises à grande capitalisation au Canada au cours de la dernière année.
Les secteurs canadiens des services publics, de l’énergie et des mines sont ceux qui ont concentré la plus grande part de l’activité de fusions et d’acquisitions. En effet, la valeur combinée des opérations de fusion et d’acquisition concernant des entreprises de ces secteurs s’est établie à 195,48 milliards de dollars américains. Cela représente un peu plus de la moitié de la valeur totale des fusions et des acquisitions réalisées au Canada en 2025. La valeur globale des opérations de fusion et d’acquisition dans le secteur des services publics a augmenté de 82 % en 2025, en glissement annuel, de 257 % dans le secteur de l’énergie et de 220 % dans le secteur minier. Cependant, le nombre de ces opérations a diminué dans ces trois secteurs l’an dernier.
L’intensification de l’activité de fusions et d’acquisitions dans ces secteurs ne surprend pas, étant donné l’intérêt accru pour les actifs numériques et la forte demande en ressources énergétiques et d’infrastructure. À l’échelle mondiale, les opérations de fusion et d’acquisition concernant des centres de données ainsi que les investissements dans ces entreprises ont atteint des records en 2025, plus de 61 milliards de dollars américains ayant été investis dans ce marché.
Dans le secteur aurifère canadien, la valeur des opérations de fusion et d’acquisition a plus que triplé par rapport à l’année précédente, marquant une année exceptionnelle. En 2025, huit opérations de fusion et d’acquisition concernant des entreprises aurifères ont atteint une valeur d’au moins 1 milliard de dollars américains, contre une seule en 2024. Bloomberg a indiqué qu’à l’échelle mondiale, l’activité de fusions et d’acquisitions dans le secteur des métaux et des mines a augmenté de 61 % cette année et de 139 % en Amérique du Nord seulement.
Les fusions et acquisitions entrantes au Canada ont grimpé en flèche en 2025, malgré les incertitudes et les défis persistants auxquels l’économie du pays est confrontée. La valeur des opérations de fusion et d’acquisition a doublé au cours de l’année passée, atteignant 98,45 milliards de dollars américains, contre 49,19 milliards de dollars américains en 2024, et ce, malgré une légère diminution du nombre d’opérations en 2025. L’an dernier, 16 opérations entrantes d’une valeur d’au moins 1 milliard de dollars américains ont été réalisées. En 2024, 12 avaient été réalisées. Les fusions et acquisitions sortantes – c’est-à-dire les opérations dans le cadre desquelles une organisation canadienne est l’acquéreur ou l’investisseur et la société cible est située à l’extérieur du pays – ont légèrement augmenté.
Les opérations concernant des entreprises à grande capitalisation ont stimulé les fusions et acquisitions au Canada en 2025
L’augmentation des opérations stratégiques de grande valeur a été la tendance la plus marquée sur le marché canadien des fusions et des acquisitions tout au long de 2025. Selon les données de S&P Global, la valeur totale des opérations de fusion et d’acquisition annoncées publiquement ou achevées d’une valeur d’au moins 1 milliard de dollars américains dans le cadre desquelles une société canadienne était l’acquéreur, la cible ou le vendeur, s’est élevée à 321,9 milliards de dollars américains. Cela représente une augmentation de 62 % par rapport à l’année dernière et un bond stupéfiant de 130 % par rapport à 2023. Le nombre d’opérations dépassant 1 milliard de dollars a atteint 78 en 2025, contre 54 en 2024 et 52 il y a deux ans.
Les principaux moteurs du marché à l’origine de l’augmentation des fusions et des acquisitions concernant des entreprises à grande capitalisation comprennent la consolidation stratégique par les grandes sociétés visant à renforcer leur position sur le marché, les conditions de financement favorables grâce à la baisse des taux d’intérêt et l’augmentation des investissements en capital-investissement résultant du non-déploiement de montants importants de capitaux.
Bien que les fusions et acquisitions concernant des entreprises à grande capitalisation aient été réalisées dans divers secteurs canadiens au cours de cette dernière année, les opérations de grande valeur étaient particulièrement concentrées dans les secteurs de l’énergie, des ressources naturelles, des services financiers et des infrastructures.
L’activité de fusions et d’acquisitions concernant des entreprises à grande capitalisation dans les secteurs de l’énergie et des ressources naturelles a été stimulée par des investissements importants dans la transition énergétique et les minéraux critiques, par la solidité financière des principaux acteurs du secteur, par des consolidations axées sur l’efficacité visant des synergies opérationnelles et une plus grande envergure, ainsi que par que le souhait stratégique des entreprises d’obtenir des chaînes d’approvisionnement fiables dans un contexte d’incertitude géopolitique persistante.
Parmi les principales opérations dans le secteur de l’énergie en 2025 figurent :
- l’acquisition par Ovintiv de NuVista Energy pour 3,8 milliards de dollars
- l’acquisition par MidOcean Energy (société détenue par EIG) d’une participation de 20 % dans les principales entités de PETRONAS au Canada
- l’acquisition par KKR de 50 % du portefeuille d’énergie solaire de 1,4 GW de TotalEnergies (d’une valeur d’entreprise de 1,25 milliard de dollars) en Amérique du Nord
- la vente par Plains All American de ses activités de liquides de gaz naturel à Keyera pour 3,75 milliards de dollars américains
Parmi les opérations concernant des entreprises à grande capitalisation dans le secteur des infrastructures renouvelables au cours de l’année, notons l’acquisition de BBGI Global Infrastructure S.A. par British Columbia Investment Management Corporation (BCI) pour 1,0 milliard de livres sterling.
Les fusions et acquisitions au Canada continuent de faire face à des défis
Malgré l’augmentation des fusions et des acquisitions concernant des entreprises à grande capitalisation au cours de l’année, les acteurs des fusions et des acquisitions au Canada continuent de composer avec un contrôle réglementaire continu, l’incertitude liée aux droits de douane et la volatilité économique et politique. Les opérations de grande valeur sont structurées de manière inventive et reposent sur des accords soigneusement rédigés permettant d’anticiper et d’atténuer ces risques.
De nouvelles protections ont été introduites sur le marché canadien, qui visent à tenir compte des nouveaux profils de risque en vue d’éventuels examens relatifs à la sécurité nationale en vertu de la Loi sur Investissement Canada modifiée et à apaiser les incertitudes concernant les droits de douane et les questions juridiques connexes, ainsi que d’autres protections spécifiques aux opérations dans des secteurs où les incertitudes réglementaires, commerciales, économiques ou autres persistent.
Les infrastructures au premier plan
Le développement prévu des infrastructures au Canada s’inscrit dans une stratégie ambitieuse. La stratégie concurrentielle du pays à l’échelle mondiale dépend désormais de la réalisation rapide de projets d’envergure et de l’attraction de milliards de dollars d’investissements privés.
Le gouvernement fédéral a brusquement modifié sa politique d’avancement des grands projets en 2025 et a créé le nouveau Bureau des grands projets (BGP) à la fin du mois d’août. Depuis lors, deux séries de projets ont été soumises à l’examen du BGP dans les domaines de l’énergie, des minéraux critiques et des corridors commerciaux.
Les investisseurs sont très conscients des occasions qu’offre le Canada. Le chef des infrastructures nord-américaines pour le géant américain du capital-investissement, KKR, a déclaré au Globe and Mail en décembre : [traduction] « Dans les domaines d’activité clés qui stimulent la plus forte croissance, qu’il s’agisse de l’énergie ou de l’infrastructure numérique, le Canada et les États-Unis devraient jouer un rôle très important à l’avenir. Ces deux grands thèmes sont probablement ceux qui influent le plus sur l’économie dans son ensemble, et ils touchent tous deux directement aux infrastructures. »
Nous considérons également que le secteur des infrastructures canadiennes demeurera un baromètre clé de l’investissement étranger et un moteur important de l’activité de fusions et d’acquisitions au Canada en 2026.
Le marché intermédiaire canadien
L’activité de fusions et d’acquisitions sur le marché intermédiaire canadien (opérations comprises entre 20 et 500 millions de dollars américains) a augmenté tout au long de 2025 tant en valeur qu’en nombre d’opérations. La valeur globale des opérations réalisées l’an dernier (41,56 milliards de dollars américains) a dépassé celle de 2024 (40,83 milliards de dollars américains).
Le secteur des mines a largement dominé l’activité de fusions et d’acquisitions, représentant 10,58 milliards de dollars américains d’opérations sur le marché intermédiaire en 2025, dont 54 % concernait des sociétés aurifères. Le secteur des services financiers lui emboîte le pas, suivi des secteurs des logiciels, de l’énergie, des biens d’équipement et des produits pharmaceutiques, de la biotechnologie et des sciences de la vie.
Le secteur de la défense pourrait aussi connaître une forte activité de fusions et d’acquisitions en 2026, en particulier des opérations financées par des capitaux privés. L’investissement dans les technologies de défense et à double usage s’accélère, car les initiatives politiques gouvernementales favorisent une plus grande visibilité du secteur de la défense. Nous avons précédemment abordé la forte hausse de la valeur des opérations mondiales en capital de risque dans le domaine des technologies de défense, dans cette nouvelle ère pour le secteur de la défense.
Tendances des marchés du crédit au Canada
Alors que nous revenons sur 2025 et regardons vers 2026, nous observons plusieurs tendances sur les marchés du crédit et dans le financement des fusions et des acquisitions, qui se sont développées au cours de la dernière décennie et continuent de remodeler le rôle de la dette d’acquisition dans les opérations de fusion et d’acquisition.
L’enseignement pratique que nous pouvons en tirer est que le crédit est de plus en plus accessible et disponible selon des conditions économiques et contractuelles favorables, tant pour les acquéreurs stratégiques que financiers. La nature de ce crédit et sa provenance peuvent toutefois varier selon plusieurs facteurs, notamment la valeur de l’opération et le type d’acquéreur (entreprise stratégique ou commanditaire).
Aujourd’hui, le crédit privé a sa place dans presque toutes les discussions concernant les options de financement d’acquisitions au Canada. Au sud de la frontière, les prêteurs directs de capital-investissement sont devenus une solution viable et robuste aux banques traditionnelles pour le financement d’acquisitions de toutes sortes et de toutes tailles, qu’il s’agisse d’opérations majeures ou d’opérations concernant des entreprises à petite capitalisation. Il est désormais courant que des prêteurs directs américains soient la seule source de financement (dans le cadre de financements groupés ou exclusifs) d’opérations de fusion et d’acquisitions transfrontalières entrantes.
Au Canada, les banques continuent d’adopter une approche relativement prudente en ce qui concerne les normes de souscription pour les acquisitions à effet de levier, mais elles demeurent toutefois la source habituelle de financement d’acquisitions pour les grandes entreprises avec lesquelles elles entretiennent des relations clés, ainsi que pour les commanditaires canadiens de premier plan. Cela dit, les opérations canadiennes sur le marché intermédiaire menées par des commanditaires recourent fréquemment à des structures hybrides de financement par emprunt, les banques fournissant une solution de financement de premier rang et les prêteurs privés le financement de rang inférieur ou mezzanine nécessaire à la réalisation de l’opération. Le recours à du crédit privé, désormais bien établi dans le marché du crédit élargi, constitue pour les acquéreurs une solution de rechange comblant les besoins non couverts par les banques qui sont contraintes par la réglementation, leur tolérance au risque ou d’autres limites en matière d’évaluation du risque de crédit; et le crédit privé est aussi assorti de conditions qui peuvent être plus souples et plus avantageuses pour l’acquéreur.
Alors que les taux continuent de baisser (bien qu’ils demeurent supérieurs à leurs planchers historiques pendant la pandémie de COVID-19) et que les marchés du crédit restent solides et évoluent de manière à faciliter les opérations, l’accès au crédit sera un moteur essentiel de la vigueur continue de l’activité de fusions et d’acquisitions en 2026.
Ce que l’avenir nous réserve
Les prévisions concernant l’activité de fusions et d’acquisitions en 2026 sont optimistes, mais nuancées. De nombreux acteurs du domaine s’attendent à ce que l’augmentation des opérations de plus grande ampleur et dans certains secteurs clés au Canada se confirme en 2026. L’essor de l’IA stimule la croissance bien au-delà du secteur des technologies et le volume des investissements dans les centres de données et les infrastructures qui les soutiennent est saisissant. En particulier, nous prévoyons une croissance continue de l’IA pour certains acteurs de ce secteur, notamment les équipements, les systèmes de refroidissement, les produits structurels et autres produits intégrés.
Cela dit, les perspectives pour l’économie mondiale sont incertaines et les tensions commerciales persistent. Au Canada, le contrôle réglementaire demeure une source d’inquiétude et l’évolution de nos relations économiques avec les États-Unis reste incertaine. Et comme nous l’avons constaté en 2025, l’annonce de politiques inattendues peut transformer rapidement et profondément le paysage des fusions et des acquisitions.
Bien qu’il faille faire preuve de prudence à l’avenir, l’abondance d’occasions de haute qualité laisse penser que 2026 sera propice à une croissance stratégique des opérations.
Le groupe Fusions et acquisitions de Bennett Jones
Le groupe Fusions et acquisitions de Bennett Jones couvre tous les secteurs, en particulier ceux qui stimulent l’économie canadienne. Bennett Jones est un chef de file en matière d’opérations et s’est classé au premier rang dans le domaine du droit des sociétés et des fusions et des acquisitions au classement de 2026 de Chambers Canada. Il s’agit de la plus haute distinction octroyée par Chambers en matière d’opérations. Pour discuter des événements et des possibilités qui façonnent le contexte des fusions et des acquisitions, veuillez contacter les auteurs.
* Tous les chiffres sont conformes aux données de S&P Global Market Intelligence en dollars américains (opérations annoncées ou réalisées, lorsqu’une société canadienne est l’acquéreur, la cible ou le vendeur) au 31 décembre 2025.





















