Les capitaux mondiaux se tournent de nouveau vers le Canada à la recherche d’occasions dans les grands projets d’infrastructure, d’énergie et de développement des ressources — et l’élan s’accélère. Le message selon lequel le Canada est prêt à entrer dans une nouvelle ère de développement des infrastructures et des grands projets a récemment été réaffirmé par Mark Carney, premier ministre du Canada, par les gouvernements canadiens à tous les niveaux ainsi que par les chefs de file de l’industrie. La réponse des investisseurs américains et internationaux est claire : les transactions et les projets sont en hausse. Selon les données les plus récentes, lorsqu’on ajuste les chiffres en fonction de la population, le Canada attire plus d’investissements directs étrangers que tout autre pays du G7 (voir le graphique ci-dessous).
Cette confiance des investisseurs repose non seulement sur l’évolution du cadre réglementaire et l’activité des projets, mais aussi sur des relations transfrontalières de longue date, qui vont bien au-delà des simples considérations financières : ce sont avant tout des relations humaines. Dans le présent article, nous examinons certaines des façons dont les investisseurs et les promoteurs de projets peuvent renforcer ces relations afin de maximiser les occasions d’investissement et de concrétiser des projets d’infrastructure dans diverses catégories d’actifs et dans des secteurs clés tels que l’énergie et les minéraux critiques.
Un paysage réglementaire et d’approbation en mutation
Après des années durant lesquelles les promoteurs de projets ont dû composer avec des processus réglementaires complexes et d’autres mécanismes entraînant des retards, les gouvernements fédéral et provinciaux ont reconnu que le développement rapide des infrastructures et des ressources est essentiel, non seulement pour la croissance économique, mais aussi pour la sécurité énergétique, la préparation en matière de défense et la résilience des chaînes d’approvisionnement.
Les réformes récentes — mises en œuvre par des voies réglementaires, législatives et stratégiques — visent notamment à :
- simplifier les processus d’approbation et réduire le chevauchement réglementaire ;
- accroître la prévisibilité et la certitude des délais (y compris des périodes d’examen ciblées, comme les cadres d’approbation de 120 jours évoqués lors de l’événement) ;
- renforcer la mobilisation et la participation des peuples autochtones grâce à des structures et à des outils de financement bien établis ;
- harmoniser les grands projets d’infrastructure avec les priorités nationales, notamment la transition énergétique, les corridors de transport et les minéraux critiques.
Participation des Autochtones au capital
L’un des changements les plus marquants dans l’environnement des projets au Canada est le passage de la consultation à une participation active des peuples autochtones au capital. Dans le contexte actuel, il est largement reconnu que l’établissement de relations responsables implique souvent de travailler avec les communautés autochtones à titre de véritables partenaires financiers. Une nouvelle gamme de garanties de prêts appuyées par les gouvernements fédéral et provinciaux a transformé le paysage, rendant plus viable et plus avantageuse sur le plan économique la prise de participation réelle des groupes autochtones dans les projets.
À l’échelle fédérale, le Programme de garantie de prêts pour les Autochtones et l’Initiative d’équité autochtone (par l’entremise de la Banque de l’infrastructure du Canada) offrent des prêts visant à soutenir la participation au capital autochtone dans les projets. En Alberta seulement, l’Alberta Indigenous Opportunities Corporation (AIOC) a accordé environ 745 millions de dollars en garanties de prêts, soutenant plus de 43 groupes autochtones dans des projets d’infrastructure, d’énergie, de ressources naturelles, de télécommunications, de tourisme, d’agriculture et de technologies numériques.
Ces transactions sont désormais hautement sophistiquées, solidement financées et bancables sur le plan institutionnel, et l’engagement précoce des communautés autochtones est devenu une condition pratique de réussite des projets. Pour en savoir plus, consultez notre article « Voies vers la prospérité : Explorer la participation des Autochtones aux grands projets énergétiques ».
Priorités des investisseurs
Alors que les gouvernements accordent la priorité aux infrastructures de transport, de logistique et d’accès au Nord — souvent en lien avec des objectifs de défense et de souveraineté — les investisseurs emboîtent le pas. Cette tendance s’inscrit dans un mouvement plus large visant à intensifier les investissements dans la défense et d’autres initiatives liées à la souveraineté, y compris des projets d’infrastructures à double usage, tant militaire que civil (voir notre billet récent sur la défense intitulé « Politique, double usage et DefTech ouvrent une nouvelle ère pour les capitaux privés dans le secteur de la défense »). Dans le Nord canadien, plusieurs indicateurs montrent que la vague actuelle d’investissements fédéraux en infrastructure est étroitement liée à la fois à la défense et au développement des ressources.
Investissement en infrastructures
Les infrastructures de transport et portuaires visant à améliorer l’accès aux eaux nordiques figurent parmi les priorités. Il en va de même pour les projets routiers et ferroviaires appuyés par les gouvernements afin de soutenir l’exploitation du minerai de fer et d’autres projets miniers dans des régions éloignées. Pour en savoir plus sur les perspectives d’investissement en infrastructure, consultez notre publication « Conjoncture des fusions et des acquisitions au Canada au T1 de 2026 ».
Énergie et transition énergétique
Les infrastructures énergétiques conventionnelles demeurent attrayantes lorsque la capacité d’exportation, la fiabilité et le développement responsable sont au rendez-vous. Parallèlement, d’importants capitaux sont dirigés vers la production, le transport et le stockage d’électricité, le captage du carbone, l’hydrogène et les technologies de transition, ainsi que vers les infrastructures énergétiques associées aux centres de données et aux hyperscalers. Pour en savoir plus, consultez notre article « Le vent dans les voiles du développement des projets énergétiques canadiens ».
Ressources naturelles et minéraux critiques
Le rôle du Canada dans les chaînes d’approvisionnement mondiales en minéraux critiques demeure un axe d’intérêt central pour les objectifs économiques et énergétiques à long terme du pays. Bien que les politiques minières visent à protéger le contrôle stratégique, les marchés d’exportation restent mondiaux, et l’attention se porte désormais sur le développement des capacités nationales de transformation et de raffinage, notamment pour le lithium. Pour en savoir plus, consultez notre article « Dévoilement de la deuxième vague de projets accélérés, y compris des projets de minéraux critiques et d’énergie ».
Infrastructures numériques
Au-delà de l’exploitation minière et du transport, les investisseurs s’intéressent également aux infrastructures numériques dans l’Arctique, y compris les réseaux de fibres optiques sous-marins et terrestres, des projets qui attirent à la fois des fonds de capital-investissement et des investisseurs stratégiques. Pour connaître les tendances dans ce domaine, consultez notre article « L’apport en capital-investissement à l’ère des pioches et des pelles dans un contexte de forte croissance du secteur de l’infrastructure pour l’IA ».
Et après ?
Pour les investisseurs avertis, les forces du Canada sont bien connues. Ce qui change aujourd’hui, c’est la convergence entre les réformes des politiques publiques, la disponibilité du capital et la capacité d’exécution des projets. La question n’est plus de savoir si le Canada peut réaliser de grands projets, mais plutôt à quelle vitesse les investisseurs saisiront les occasions qui se présentent.
À propos de Bennett Jones
Bennett Jones conseille des commanditaires de capital-investissement, des investisseurs et des fonds dans le cadre de transactions transfrontalières complexes, en matière de structuration et de création de valeur, en proposant des stratégies sur mesure qui maximisent les rendements tout en maîtrisant les risques. Notre pratique repose sur une approche collaborative et multidisciplinaire, s’appuyant sur les forces du cabinet en fusions et acquisitions, en marchés financiers et en financement d’acquisitions, ainsi que sur une expertise sectorielle approfondie touchant les enjeux nationaux et transfrontaliers liés au pétrole et au gaz, aux mines, à l’electricité et aux énergies renouvelables, ainsi qu’aux infrastructures. Communiquez avec nous pour découvrir pourquoi des clients au Canada et partout dans le monde font confiance à Bennett Jones pour résoudre leurs enjeux juridiques les plus complexes.



















