Le secteur du capital-investissement a évolué dans plusieurs directions en 2025. À l’échelle mondiale, la valeur des transactions a repris de la vigueur au second semestre de l’année, tandis que le nombre de transactions a diminué. Les sorties de capital-investissement ont reculé d’une année sur l’autre, ce qui a favorisé la croissance de stratégies alternatives visant à générer des liquidités. Selon la plus récente enquête auprès des investisseurs de Preqin, les investisseurs demeurent engagés envers le capital-investissement, malgré une prudence accrue à l’égard des engagements à court terme. Les conditions macroéconomiques se sont nettement améliorées au fil de l’année, après un début turbulent et inattendu.
Dans ce numéro des Brèves du capital-investissement de Bennett Jones, nous examinons les données annuelles sur l’activité de capital-investissement au Canada en 2025, ainsi que :
- la façon dont l’année 2025 s’est déroulée et les éléments à surveiller au cours de l’année à venir;
- l’activité de sortie de capital-investissement et les perspectives pour 2026;
- les tendances en matière d’investissement dans des participations de commandité.
Le marché du capital-investissement en 2025 et nos perspectives
Les acteurs du capital-investissement entrevoient une reprise de la croissance de l’activité à la suite d’un redressement de la valeur des transactions à l’échelle mondiale au second semestre de 2025. Le troisième trimestre a été particulièrement dynamique, la valeur globale des transactions ayant atteint 376,3 milliards de dollars américains selon Preqin. Il s’agit du meilleur résultat trimestriel depuis le premier trimestre de 2022. En novembre, l’Association canadienne du capital de risque et d’investissement (CVCA) a indiqué que le marché canadien du capital-investissement avait enregistré un troisième trimestre record en 2025.
Plusieurs segments du capital-investissement se sont démarqués par une activité soutenue en 2025, notamment le marché secondaire. Le volume mondial du marché secondaire dépasse désormais 160 milliards de dollars américains, et les levées de fonds devraient connaître une autre année exceptionnelle. Cette dynamique s’explique en grande partie par un environnement de sorties de capital-investissement plus difficile. L’afflux de capitaux vers le marché secondaire contraste avec un contexte de levée de fonds généralement plus faible dans l’ensemble du secteur du capital-investissement.
Le marché du crédit privé au Canada est devenu une catégorie de placement de base pour les investisseurs institutionnels et a fait l’objet d’une attention soutenue en 2025. Les stratégies de crédit privé ont généré des rendements supérieurs à la moyenne, et cette catégorie d’actifs devrait poursuivre sa croissance à mesure que les transactions gagnent en complexité sur le plan structurel.
Les rachats par effet de levier ont progressé en 2025, stimulés par les sociétés de capital-investissement et les fonds souverains, et cette tendance devrait se maintenir au cours de la prochaine année. Selon les données de S&P Global, la part du capital-investissement dans les rachats par effet de levier est en hausse depuis 2023.
Le rythme des sorties demeure l’un des principaux défis pour les sociétés de capital-investissement. Comme l’a résumé le Wall Street Journal, [traduction] « le capital-investissement a encore du ménage à faire en 2026. Les transactions récentes ont ravivé l’optimisme pour la nouvelle année, mais les sociétés détiennent toujours un important volume de sociétés de portefeuille ».
À quoi s’attendre en matière d’activité de sortie
À l’échelle mondiale, le volume des sorties de capital-investissement demeure modéré, mais la taille moyenne des sorties a augmenté en 2025, selon les données de Preqin. Au Canada, le nombre de sorties de capital-investissement a continué de diminuer en 2025 en nombre de transactions. La valeur globale des transactions annoncées ou conclues a reculé en 2025, après avoir progressé de 2022 à 2024.
Les perspectives en matière de sorties de capital-investissement en 2026 demeurent prudemment équilibrées entre optimisme et retenue. Les facteurs d’optimisme pour 2026 comprennent la baisse des taux d’intérêt, la pression persistante exercée par les commanditaires pour des sorties, ainsi que la réouverture de la fenêtre des PAPE (de même qu’un regain du sentiment haussier sur les marchés financiers en général), aux États-Unis. À l’échelle mondiale, le marché des PAPE a connu sa meilleure année depuis 2022, selon Dealogic. Le marché canadien des PAPE demeure toutefois atone, les radiations et les opérations de retrait de la cote continuant de surpasser les PAPE à la Bourse de Toronto et à la Bourse de croissance TSX.
Bien que les actifs de grande qualité suscitent de l’intérêt pour les sorties, des écarts de valorisation persistent pour de nombreuses sociétés. Les actifs de capital-investissement arrivant à échéance devraient faire l’objet de sorties à un rythme plus lent. Bien que le contexte économique mondial se soit amélioré, une croissance inégale et des reprises en « forme de K » dans certains secteurs par rapport à d’autres pourraient se poursuivre. L’ensemble de ces facteurs pourrait se traduire par une reprise inégale dans l’univers du capital-investissement. Selon Preqin, on n’observe pour l’instant que des signes encore timides d’une reprise des volumes de sorties.
Investissement dans des participations de commandité
L’investissement dans des participations de commandité consiste en la cession, par un gestionnaire d’actifs, d’une participation minoritaire, généralement sans droit de vote, dans une entité de commandité à un autre investisseur. Historiquement, ce type de transaction était réalisé presque exclusivement par des commanditaires existants cherchant à renforcer leur alignement avec le gestionnaire d’actifs. Un exemple marquant des débuts de ce type d’opérations est l’acquisition, en 2001, par CalPERS, d’une participation minoritaire dans The Carlyle Group pour un montant d’environ 175 millions de dollars américains.
Au cours de la dernière décennie, le paysage des acquéreurs a évolué. Des instruments de placement spécialisés, communément appelés fonds d’investissement dans des participations de commandité, se sont imposés comme les principaux acquéreurs de ces participations. Bien qu’un investisseur dans des participations de commandité puisse, dans certains cas, être tenu de financer sa quote-part de l’engagement en capital du commandité et de recevoir une participation correspondante à titre de commanditaire, l’objectif principal des fonds d’investissement dans des participations de commandité demeure de capter des rendements liés à leur quote-part des flux économiques du commandité, principalement les frais de gestion et, lorsqu’il est réalisé, l’intérêt passif. Une première illustration de cette évolution est survenue lorsque Affiliated Managers Group, un gestionnaire d’actifs coté en bourse reconnu pour ses acquisitions de participations de commandité, a acquis auprès du fonds Petershill I de Goldman Sachs une participation minoritaire en capitaux propres pour un montant d’environ 800 millions de dollars américains. Depuis, cette stratégie a continué de gagner en ampleur. Le volume des transactions de participations de commandité à l’échelle mondiale a atteint 3,4 milliards de dollars américains en 2024, soit son niveau le plus élevé depuis l’année record de 2021, selon les données de PitchBook.
Bien que le Canada n’ait pas encore vu l’émergence de fonds consacrés exclusivement à l’investissement dans des participations de commandité, ce modèle offre des occasions convaincantes tant pour les commandités que pour les commanditaires. Pour les commandités, la cession d’une participation minoritaire sans droit de vote peut procurer des liquidités attendues depuis longtemps pour les employés, et certains commandités utilisent également le produit de la vente pour renforcer leur équipe de direction ou faciliter la planification de la relève. Les occasions liées aux participations de commandité peuvent aussi servir d’incitatifs pour attirer des commanditaires principaux. Pour les commanditaires, l’acquisition d’une participation dans le commandité renforce l’alignement avec le gestionnaire, et tout intérêt passif réalisé peut contribuer de manière significative à compenser l’ensemble des frais associés à l’investissement dans le fonds. En ce sens, les participations de commandité continuent d’évoluer, passant d’une solution de structuration de niche à une catégorie d’actifs reconnue, aux côtés du capital-investissement, de l’immobilier, des marchés secondaires, des infrastructures et d’autres placements alternatifs bien établis.
Activité de capital-investissement au Canada
La valeur totale des transactions de capital-investissement au Canada a augmenté, tandis que leur nombre a diminué au cours du dernier trimestre de 2025. Moins de transactions ont été conclues en 2025 qu’en 2024, et la valeur totale des transactions annoncées ou conclues a reculé, passant de 59,8 milliards de dollars américains à 48,3 milliards de dollars américains en 2025.
Les acquisitions complémentaires ont constitué le type de transactions le plus courant : 156 transactions de capital-investissement au Canada ont eu recours à cette stratégie en 2025. Les rachats (27), les transactions de croissance (26) et les transactions directes de commanditaires (21) complètent le groupe des cinq principales catégories. Les transactions directes de commanditaires et les opérations de détourage ont enregistré un nombre de transactions plus élevé en 2025 que l’année précédente.
Ce que l’avenir nous réserve
Le climat des marchés du capital-investissement au Canada et à l’échelle mondiale s’est amélioré au fil de l’année 2025. Des secteurs en croissance, comme la technologie (y compris les secteurs émergents de l’IA et les secteurs connexes à l’IA) et la défense, continueront de créer des occasions de transactions. L’essor de l’IA a été l’un des phénomènes marquants des dernières années, des dizaines de milliards de dollars ayant été investis dans les centres de données, les infrastructures énergétiques et industrielles de grande envergure, ainsi que chez les fournisseurs d’intrants essentiels du secteur.
Des défis subsistent toutefois pour le capital-investissement en 2026. Les sorties retardées, le vieillissement des actifs et le ralentissement des levées de fonds pourraient freiner une reprise complète du secteur. Du côté des acquisitions en particulier, les acquisitions complémentaires et les regroupements au sein des portefeuilles existants devraient continuer de progresser, les promoteurs cherchant à accroître le BAIIDA (bénéfice avant intérêts, impôts et amortissements). À l’inverse, les commandités souhaiteront vraisemblablement faire preuve de patience et de discipline avant de procéder à de nouveaux investissements de plateforme.
Nos autres publications
Le groupe Capital-investissement et fonds de placement de Bennett Jones s’est également penché sur les développements et les occasions suivantes au sein du marché du capital-investissement au Canada : Comment le capital-investissement change la donne pour les sports nord-américains et au-delà Gestion du passif au Canada Politique, double usage et DefTech ouvrent une nouvelle ère pour les capitaux privés dans le secteur de la défense L’IA et la technologie alimentent le flux d’affaires agroalimentaire Préparation juridique des producteurs de denrées alimentaires : comment bénéficier du fonds de 100 M$ CA de Wittington Investments |
Groupe capital-investissement et fonds de placement de Bennett Jones
Le groupe Capital-investissement et fonds de placement de Bennett Jones est un chef de file au Canada. Nous comptons parmi nos clients des promoteurs financiers avertis qui cherchent à équilibrer le risque et le rendement prévu et qui ont besoin de conseils sur mesure du début de la phase d’investissement jusqu’à la sortie. Bennett Jones représente toutes les parties dans le cadre de transactions de capital-investissement et plus particulièrement des promoteurs financiers américains et canadiens, ainsi que des investisseurs institutionnels canadiens. Pour discuter des développements et des opportunités en matière de capital-investissement, veuillez communiquer avec l’un des auteurs.
Tous les chiffres sont fondés sur les données de Preqin et en dollars américains, sauf indication contraire. Les données sur les transactions de capital-investissement concernent les transactions annoncées ou conclues dont la cible est une entreprise canadienne, en date du 31 décembre 2025.


















