Billet

Les Brèves du capital-investissement au premier semestre de 2026

Perspectives de mi-année sur l’activité des opérations et ce qui nous attend
Matthew J. Hunt, Elizabeth K. Dylke, John Lawless, Haifeng Hu et Kendall Pearce
23 juin 2026
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À l’échelle mondiale, les marchés du capital-investissement ont connu un ralentissement au cours du premier semestre de 2026 en raison des événements géopolitiques qui influent sur les opérations. Toutefois, la sélectivité, la discipline et la créativité continuent de rendre des opérations possibles, et l’Amérique du Nord attire la plus grande part du capital-investissement. Après le premier semestre, nous avons de bonnes raisons de croire que le second semestre de 2026 verra une reprise de l’activité, principalement dans des secteurs tels que les infrastructures, l’énergie et les technologies de l’information.

Dans ce numéro des Brèves du capital-investissement de Bennett Jones, nous présentons notre analyse et nos commentaires sur le contexte du capital-investissement pour la première moitié de 2026; les tendances en investissements dans les infrastructures; la façon dont les pressions liées au financement façonnent la dynamique du marché intermédiaire; et la situation actuelle des placements secondaires.

Activité de capital-investissement au Canada

L’activité du capital-investissement au Canada a légèrement ralenti au cours du premier semestre de 2026. Au moment de publier les présentes, la valeur totale des opérations terminées et annoncées comportant une cible canadienne a atteint 22 milliards de dollars américains, en légère baisse par rapport à 23 milliards de dollars américains au premier semestre de 2025 (voir « Activité de transactions de capital-investissement au Canada : nombre et valeur des transactions »). Le nombre total d’opérations, de 122, a également diminué, l’incertitude géopolitique actuelle et les préoccupations liées à la persistance de l’inflation ayant contribué à une aversion du marché pour le risque. Par conséquent, les sorties ont été lentes et la fenêtre de PAPE demeure étroite, ce qui contribue aux difficultés persistantes de financement et à l’accent mis sur les options de rachat de placements secondaires. Cependant, l’activité de capital-investissement au Canada demeure résiliente, avec un flux stable de transactions dans les secteurs des technologies de l’information, des produits industriels, de l’énergie et des services publics; et sept opérations d’une valeur supérieure à un milliard de dollars américains annoncées ou réalisées témoignent d’un intérêt soutenu pour des secteurs comme l’exploitation minière, les énergies renouvelables et les infrastructures numériques. Bennett Jones a participé à plusieurs de ces importantes transactions, notamment à titre d’avocat de KKR et de CoolIT Systems Inc.*, et représente actuellement ESAB dans le cadre de son acquisition de Eddyfi Technologies.

Les données de Preqin (en date de la présente publication) du premier semestre pour le capital-investissement au Canada indiquent un marché où la valeur des opérations augmente, tandis que leur nombre demeure limité. Pour l’exercice 2025, 313 transactions d’une valeur de 36,3 milliards de dollars américains ont été enregistrées, une baisse par rapport à 352 opérations et 45,4 milliards de dollars américains en 2024, ce qui correspond à la tendance vers un nombre de transactions plus faible quoique de plus grande importance. Au premier trimestre de 2026, 76 opérations totalisant 14,2 milliards de dollars américains ont été conclues, en hausse de 81 % par rapport à la période correspondante de l’exercice précédent, surtout en raison des sociétés à grande capitalisation. Au moment de publier les présentes, 46 opérations d’une valeur de 7,8 milliards de dollars américains étaient comptabilisées au T2 de 2026, et ces chiffres devraient augmenter à mesure que d’autres transactions seront annoncées.


Infrastructures : Le bon placement et le bon moment

Les opérations dans le secteur des infrastructures continuent de susciter un vif intérêt de la part des investisseurs qui cherchent à diversifier leur exposition au risque dans un contexte de volatilité persistante des prix de l’énergie et de préoccupations liées à l’inflation. À l’échelle mondiale, il s’est conclu 405 opérations d’une valeur de 85 milliards de dollars américains du début de l’année jusqu’à la mi-avril 2026 selon Preqin, les infrastructures numériques et de l’énergie représentant la plus grande partie de ces opérations. La demande liée à l’intelligence artificielle continue de mettre en évidence l’intersection des actifs d’énergie et d’infrastructures numériques, les centres de données ouvrant des possibilités pour les réseaux électriques et de services publics, les télécommunications et la fibre optique, ainsi que les infrastructures hydriques, entre autres. Un exemple frappant est la récente vente de CoolIT Systems, un chef de file en matière de refroidissement liquide de pointe pour les centres de données d’IA, par KKR et Mubadala Investment Company à EcoLab, une transaction d’une valeur de 4,75 milliards de dollars américains. Bennett Jones était l’avocat de KKR et de CoolIT au Canada. KKR et ses investisseurs ont obtenu un rendement d’environ 15 fois leur investissement dans cette transaction, distributions comprises. À court terme, les commanditaires continuent de s’intéresser aux actifs d’infrastructures et de centres de données en raison de leur fort potentiel de croissance, de la protection qu’ils offrent contre l’inflation et des signaux politiques favorables à l’investissement privé.

Notamment, l’investissement privé dans les projets énergétiques canadiens s’accélère à mesure que la suppression des obstacles réglementaires par les gouvernements et que l’accent placé sur la sécurité énergétique stimule l’intérêt des investisseurs. En particulier, le segment canadien du GNL et les infrastructures à l’appui de ce segment sont sur une lancée. Dans un contexte géopolitique volatil, la stabilité politique et institutionnelle du Canada et son environnement légal et réglementaire bien développé attirent les investissements, un thème que nous examinons plus en détail dans nos Perspectives économiques semestrielles de 2026. Les investisseurs étrangers l’ont déjà remarqué, selon une enquête de la Global Infrastructure Investor Association*, le Canada est le [traduction] « marché le plus attrayant pour les investissements dans les infrastructures ». Le marché des placements à actifs lourds et à faible obsolescence (HALO, ou heavy assets, low obsolescence, en anglais) est porteur. Plusieurs transactions récentes dans le secteur de l’énergie au Canada en témoignent : 1) l’acquisition par MidOcean Energy (une société de GNL formée et gérée par EIG), d’une participation dans LNG Canada et la coentreprise North Montney Joint Venture auprès de PETRONAS; 2) l’accord, annoncé par Apollo, de son acquisition d’une participation de 40 % dans Pembina Gas Infrastructure Inc., une entité de traitement du gaz de premier plan dans l’Ouest canadien, auprès de fonds gérés par KKR; et 3) l’acquisition annoncée par Shell plc d’ARC Resources pour 22 milliards de dollars canadiens. Bennett Jones était l’avocat d’EIG et d’Apollo au Canada dans le cadre de ces transactions. Nous nous attendons à ce que des opérations semblables occupent l’avant-plan de la scène tout au long de 2026, car le gouvernement du Canada maintient ses mesures incitatives, notamment fiscales, pour attirer le capital-investissement et réaliser des projets nationaux prioritaires.

Dans le cadre de notre travail, nous constatons que les investisseurs en capital-investissement et institutionnels sont toujours disposés à soutenir des opérations de conversion en société fermée en réinvestissant leur capital. Par exemple, l’acquisition, d’une valeur de 1,4 milliard de dollars canadiens de Kiwetinohk Energy Corp. par Cygnet Energy Ltd. a été facilitée par une injection de capitaux propres de NGP Energy Capital Management et de Carlyle, ainsi que d’une combinaison de nouveaux capitaux propres et du réinvestissement du capital d’ARC Financial. De même, la CDPQ a accepté de réinvestir son capital dans le cadre de la récente conversion en société fermée de Boralex Inc. annoncée par Brookfield. Bennett Jones était le conseiller juridique de NGP Energy Capital dans le cadre de l’investissement de capitaux propres.

Les perspectives du marché intermédiaire demeurent solides malgré les vents contraires

En dépit d’un intérêt marqué des investisseurs pour les opérations importantes dans le secteur des infrastructures énergétiques, l’activité diffère entre les transactions importantes, de grande valeur et sur le marché intermédiaire au Canada (c’est-à-dire les opérations concernant des entreprises cibles dont la valeur est inférieure à 100 millions de dollars américains). La rapidité d’exécution des opérations de capital-investissement sur le marché intermédiaire n’est pas encore revenue à la normale, en particulier en ce qui concerne les désinvestissements de sociétés en portefeuille existantes et les prises de participation dans de nouvelles plateformes d’investissement. Nous constatons que de nombreux commandités en tiennent compte et se concentrent sur des stratégies d’achat et de développement, des acquisitions complémentaires et la maximisation de l’efficacité au sein de leurs portefeuilles existants.

De plus, la croissance des multiples demeure concentrée au sommet du marché. Le multiple moyen de BAIIA pour les transactions supérieures à un milliard de dollars canadiens était un solide 13,8x au premier trimestre. D’un autre côté, les multiples pour les opérations de moins de 100 millions de dollars canadiens demeurent près de 8,0x, selon CVCA Intelligence*. La distinction est importante : les acheteurs sont disposés à payer plus pour les actifs prisés de grande taille, mais semblent moins enclins à verser la même prime pour les opérations plus petites. La friction liée aux multiples demeure un obstacle pour de nombreuses nouvelles occasions dans des sociétés-plateformes, en particulier sur le marché intermédiaire. Alors que des écarts de valorisation demeurent sur le marché intermédiaire, les vendeurs continuent de recalibrer les attentes créées lors des cycles précédents. Plus de la moitié des sociétés soutenues par du capital-investissement (54 %) sont maintenant en activité depuis cinq ans ou plus. Le résultat net est que le regain généralisé demeure modeste.

Néanmoins, il existe de nombreuses raisons d’être optimiste. Le marché intermédiaire continue de représenter une part importante du volume des opérations, quoique moins présent dans les nouvelles opérations concernant des sociétés-plateformes. Au 28 mai, une part de 35,3 % de l’activité de capital-investissement au Canada (selon les opérations réalisées) concernait des opérations d’une valeur inférieure à 100 millions de dollars américains, selon les données de Pitchbook. Nous prévoyons que le marché intermédiaire continuera de s’améliorer au second semestre de l’année, bien qu’une reprise durable nécessitera une normalisation accrue du marché des sorties et des remboursements de capital élevés aux commanditaires.

Le marché secondaire

Le marché secondaire du capital-investissement a enregistré des volumes records pour la deuxième année de suite. Le volume mondial des placements secondaires* a atteint approximativement de 226 à 240 milliards de dollars américains en 2025, soit une hausse de 41 à 48 % par rapport à 2024 et plus du double des niveaux de 2020.

Trois facteurs structurels ont favorisé une croissance aussi spectaculaire. Premièrement, le secteur du capital-investissement continue de faire face à un important retard de transactions réalisées. McKinsey estime que, dans le monde entier, plus de 16 000 sociétés soutenues par du capital-investissement sont détenues en portefeuille depuis quatre ans ou plus, ce qui représente plus de 52 % de toutes les sociétés en portefeuille issues de rachats. J.P. Morgan estime la valeur latente totale de ce retard à environ 3,7 billions (3 700 milliards) de dollars américains. Deuxièmement, les distributions par rapport à la valeur liquidative reçues par les commanditaires sont inférieures à la moyenne depuis quatre années consécutives, ce qui a accru la demande de placements secondaires comme outil de gestion de la liquidité et du portefeuille. Troisièmement, la croissance continue des actifs sous gestion (ASG) de capital-investissement, qui devraient dépasser 18 billions de dollars américains d’ici 2027 selon J.P. Morgan, a considérablement élargi l’univers des actifs disponibles à la vente sur le marché secondaire.

En 2025, les transactions réalisées par des commanditaires ont généré de 110 à 120 milliards de dollars américains, ce qui représente environ 54 % du volume total*, les portefeuilles de rachat de haute qualité étant négociés de 90 à 95 cents du dollar. La valeur des entités de continuation dirigées par un commandité a atteint environ 115 milliards de dollars américains*, en hausse d’environ 72 % sur un an. Une sortie sur six par rachat se produit désormais au moyen d’un processus dirigé par le commandité, et McKinsey estime que 14 % de toutes les sorties initiées par des promoteurs à l’échelle mondiale passent par des entités de continuation, les commanditaires prévoyant que ce chiffre atteigne 29 % au cours des cinq prochaines années. Ainsi, au premier trimestre de 2026 seulement, 27 fonds d’entités de continuation ont été dissous*. Plus de la moitié des transactions dirigées par des commandités au premier semestre de 2025* ont vu leur prix être égal ou supérieur à la valeur nominale, ce qui témoigne d’une concurrence soutenue pour les actifs à fort potentiel.

La mise à jour du premier trimestre de 2026 de Preqin sur le capital-investissement confirme que la tendance s’est poursuivie en 2026, les placements secondaires faisant bien mieux que le marché du capital-investissement dans son ensemble. Bien que les fonds investis en capital-investissement à l’échelle mondiale n’aient totalisé que 155 milliards de dollars américains au premier trimestre de 2026, en baisse de 10 % par rapport au premier trimestre de 2025, et que la valeur des sorties ait diminué de 34 % d’un trimestre à l’autre pour atteindre son niveau le plus bas en deux ans, soit 96 milliards de dollars américains, les fonds du marché secondaire ont à eux seuls réuni 30 milliards de dollars américains au cours du trimestre, ce qui représente plus d’un tiers du capital total réuni par les placements secondaires en 2025. De plus, près de 78 % des placements secondaires ont terminé le premier trimestre de 2026 au-dessus de leur cible, soulignant la demande soutenue des investisseurs pour cette catégorie d’actifs.

Ce que l’avenir nous réserve

Il reste à voir si un apaisement éventuel de la volatilité géopolitique encouragera une hausse de l’activité du capital-investissement au second semestre de l’année. Sur le plan des infrastructures, nous prévoyons que l’appétit des investisseurs pour les actifs du secteur de l’énergie canadien demeurera, stimulé par la demande de centres de données alimentant l’IA, des incitatifs gouvernementaux intéressants et le statut du Canada comme destination de premier plan pour les investissements en infrastructures.

D’un point de vue structurel, les placements secondaires demeurent attrayants pour le reste de 2026. La fenêtre des PAPE s’est en grande partie refermée, sauf pour un faible nombre d’émetteurs phares, et la reprise naissante de l’activité de fusions et d’acquisitions a été ralentie par la persistance de l’inflation et l’incertitude macroéconomique accrue. Ces dynamiques continuent d’accroître l’illiquidité des commanditaires et de retarder le recouvrement des distributions dont dépend le financement sur le marché primaire.

Une reprise durable de l’activité de capital-investissement dans son ensemble dépendra avant tout d’un retour à la normale des sorties et d’une amélioration correspondante des distributions aux commanditaires. D’ici là, les placements secondaires continueront probablement d’être les principaux bénéficiaires de l’environnement actuel, ces facteurs structurels favorables accélérant davantage l’adoption des solutions secondaires axées à la fois sur les commandités et les commanditaires.

*mène à une page en anglais

Nos autres publications

Le groupe Capital-investissement et fonds de placement de Bennett Jones s’est également penché sur les développements et les occasions suivantes au sein du marché du capital-investissement au Canada :

Perspectives économiques semestrielles de 2026
27 mai 2026

Les opérations et le développement des infrastructures au Canada
John M. Mercury, Martin Ignasiak, c.r., Leanne C. Krawchuk, c.r., Ben Rogers et Geoffrey P. Stenger
23 avril 2026

Capital-investissement dans le secteur minier
Leanne C. Krawchuk, c.r. et James T. McClary
26 février 2026

Groupe capital-investissement et fonds de placement de Bennett Jones

Le groupe Capital-investissement et fonds de placement de Bennett Jones est un chef de file au Canada. Nous comptons parmi nos clients des promoteurs financiers avertis qui cherchent à équilibrer le risque et le rendement prévu et qui ont besoin de conseils sur mesure du début de la phase d’investissement jusqu’à la sortie. Bennett Jones représente toutes les parties dans le cadre de transactions de capital-investissement et plus particulièrement des promoteurs financiers américains et canadiens, ainsi que des investisseurs institutionnels canadiens. Pour discuter des développements et des opportunités en matière de capital-investissement, veuillez communiquer avec l’un des auteurs.

Tous les chiffres sont fondés sur les données de Preqin et en dollars américains, sauf indication contraire. Les données sur les transactions de capital-investissement concernent les transactions annoncées ou conclues dont la cible est une entreprise canadienne, en date du 19 juin 2026.

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