Perspectives économiques semestrielles de 2026

Un monde en mutation - nouveaux risques, nouvelles possibilités

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Le rapport complet, « Perspectives économiques semestrielles de 2026 : Un monde en mutation - nouveaux risques, nouvelles possibilités », est actuellement disponible uniquement en anglais. Une version française sera bientôt disponible.

Un univers complexe pour la prise de décision

En 2026, les responsables des politiques publiques et du milieu des affaires font face à des forces mondiales perturbatrices qui font peser d’importants risques économiques et financiers, tout en transformant les marchés et en créant des avenues de croissance pour les années à venir.

La rupture de l’ordre mondial, la rivalité stratégique entre les grandes puissances, les guerres, la crise énergétique, l’imprévisibilité de la politique tarifaire et commerciale des États‑Unis, l’incertitude entourant les risques et les rendements des investissements massifs en intelligence artificielle (IA), ainsi que les tensions sur les marchés des capitaux, créent collectivement un univers de prise de décision d’une grande complexité.

Au Canada, les dirigeants politiques et économiques s’entendent largement sur le fait que l’adaptation aux nouvelles réalités mondiales, tout comme le renforcement de notre sécurité économique et nationale, passent par la mobilisation de l’investissement privé.

Il existe également un consensus selon lequel, après des années de faibles investissements et de croissance de la productivité atone, un changement d’échelle important des flux d’investissement est nécessaire pour rattraper les occasions perdues et assurer l’avenir du Canada.

Le problème à résoudre n’est pas un manque de capital financier. Les capitaux, qu’ils proviennent d’entreprises, d’investisseurs institutionnels ou de sources privées, au Canada comme à l’international, sont abondants et à la recherche d’occasions d’investissement.

Économie avancée riche en ressources, dotée d’une main-d’œuvre hautement qualifiée, d’institutions solides et d’un profond respect de l’état de droit, le Canada présente un profil de risque inférieur à celui de la plupart des autres pays. Cela dit, les investisseurs nationaux et étrangers demeurent guidés par des objectifs de rendement.

Il revient principalement aux chefs d’entreprise — aux conseils d’administration et aux équipes de direction des grandes entreprises, des PME et des jeunes pousses — de repérer les occasions de marché, de gérer les risques d’affaires et de mener à bien les investissements.

Si les gouvernements peuvent fixer le cap et, dans certains cas, agir comme partenaires actifs, y compris à titre de co‑investisseurs, leur rôle principal consiste à instaurer un cadre de politiques publiques prévisible et solide qui permette aux leaders du marché et aux innovateurs d’obtenir un rendement concurrentiel ajusté au risque.

En 2025, les droits de douane à l’importation imposés par les États‑Unis, de même que les menaces à notre souveraineté et à notre sécurité économique, ont servi d’électrochoc.

Les gouvernements ont envoyé plusieurs signaux positifs et posé des gestes initiaux pour stimuler l’investissement. Toutefois, la réaction des investisseurs demeure prudente. Il reste encore beaucoup à faire. Une mobilisation accrue du secteur privé et une meilleure coordination des politiques entre les gouvernements sont essentielles pour créer des conditions propices à l’investissement.

Malgré l’incertitude mondiale, les risques et les perspectives de croissance modestes à court terme, il faut dès maintenant définir une orientation claire et libérer l’investissement afin de renforcer la résilience de l’économie et de l’engager sur la voie d’une prospérité accrue.

Perspectives à court terme

Nous présentons un scénario de référence pour les économies américaine et canadienne en 2026 et en 2027.

Ce scénario repose sur l’hypothèse qu’un règlement du conflit en Iran permet le rétablissement de la circulation normale dans le détroit d’Ormuz et que les effets des perturbations de l’approvisionnement en énergie et en produits de base commencent à s’estomper à partir de la mi‑2026. Nous supposons que les droits de douane américains existants à l’importation demeurent en vigueur, en vertu de l’un ou l’autre fondement juridique, et que l’Accord Canada–États‑Unis–Mexique (ACEUM) se poursuit selon des modalités essentiellement inchangées.

Dans ce contexte, le PIB réel des États‑Unis progresserait de 2,1 % sur une base T4/T4 tant en 2026 qu’en 2027. L’inflation sous‑jacente américaine atteindrait un sommet d’environ 3,5 % vers la mi‑2026, puis reculerait graduellement pour s’établir légèrement sous les 2,5 % au T4 de 2027.

Nous estimons que la Réserve fédérale, sous la direction de son nouveau président, Kevin Warsh, continuerait de s’appuyer sur un arbitrage prudent entre les deux volets de son mandat, soit la stabilité des prix et le plein emploi. Elle maintiendrait donc son taux directeur inchangé en 2026, puis le réduirait de 25 points de base vers le deuxième trimestre de 2027, pour l’établir à 3,5 %, soit près du milieu de la fourchette des estimations du taux d’équilibre à long terme.

Au Canada, la croissance du PIB réel, mesurée sur une base T4/T4, s’accélérerait, passant de 0,7 % en 2025 à 1,7 % en 2026, avant de ralentir légèrement pour atteindre 1,5 % en 2027. En moyenne annuelle, la croissance du PIB réel serait de 1,1 % en 2026 et de 1,6 % en 2027.

Nos prévisions de croissance annuelle pour le Canada sont loin d’être spectaculaires, mais, exprimées en termes par habitant, elles représenteraient un rendement supérieur à celui observé pendant une grande partie de la dernière décennie : environ 1,1 % tant en 2026 qu’en 2027.

L’inflation globale au Canada atteindrait un sommet d’environ 3 % au deuxième trimestre de 2026, sous l’effet de la hausse des prix de l’essence et de l’énergie. Elle reviendrait ensuite à la cible de 2 % au cours de la seconde moitié de 2027. La Banque du Canada maintiendrait son taux directeur à 2,25 % jusqu’à la fin de 2027.

Des risques à la hausse comme à la baisse entourent ce scénario de référence.

Un conflit prolongé au Moyen‑Orient et des prix de l’énergie durablement élevés alimenteraient l’inflation et freineraient la demande mondiale. Pour le Canada, toutefois, ces effets seraient en partie compensés par des recettes d’exportation plus élevées. Si la hausse des prix des produits de base stimule l’investissement, le gain net pourrait être plus important.

La politique commerciale des États‑Unis demeure un facteur d’incertitude majeur. Le risque à la baisse est réel, mais il doit être mis en perspective. À titre illustratif, si l’ensemble de nos exportations vers les États‑Unis actuellement exemptées de droits de douane en vertu de l’ACEUM étaient assujetties à un tarif à l’importation de 10 %, l’impact estimé sur le niveau du PIB réel du Canada serait d’environ 0,6 % en 2027. Il s’agirait d’une perte permanente, mais qui donnerait également lieu à un ajustement de l’économie.

Les risques extrêmes, en particulier à la baisse, ne peuvent être écartés. Une réévaluation abrupte des actifs — notamment des actifs liés à l’IA, qui dominent actuellement les marchés boursiers — pourrait déstabiliser les marchés mondiaux et accroître le coût du capital. Cela se répercuterait sur l’économie réelle et freinerait l’activité par de multiples canaux.

L’occasion d’investissement

Nous traversons une période de perturbations majeures. Et des moments comme celui‑ci ne se contentent pas de mettre les dirigeants à l’épreuve : ils les définissent. Trop souvent, nous confondons la stabilité avec une stratégie. Nous assimilons la prudence à l’inaction. Et nous acceptons un déclin graduel comme inévitable plutôt que comme évitable.

Goldy Hyder, président et chef de la direction, Conseil canadien des affaires

Les forces mondiales qui incitent les entreprises à la prudence à court terme façonnent également les occasions de tirer parti des atouts du Canada, de bâtir des avantages concurrentiels et de développer de nouveaux marchés — puis de les conquérir.

Le Canada s’est engagé, avec ses partenaires de l’OTAN, à porter ses dépenses de défense à 5 % du PIB d’ici 2035. Le renforcement de la défense constitue un levier pour accélérer l’investissement public et privé dans les infrastructures militaires et à double usage, notamment dans les régions arctiques du Canada, pour accroître les capacités industrielles, stimuler l’innovation technologique et élargir nos relations économiques et de sécurité à l’échelle mondiale.

Bien exécutées, la Stratégie industrielle de défense du Canada et la création d’une nouvelle agence fédérale chargée de transformer l’approvisionnement militaire peuvent s’appuyer sur des capacités nationales traditionnelles — comme l’aérospatiale et les communications — tout en développant le potentiel reconnu du Canada en intelligence artificielle, en quantique, en cybersécurité et dans d’autres technologies. Un effort national peut mobiliser les grandes et petites entreprises, de même que des fournisseurs nationaux et étrangers.

Les perturbations sur les marchés de l’énergie et des produits de base rappellent à nos partenaires économiques la valeur stratégique et économique d’un approvisionnement fiable et responsable en pétrole, en gaz naturel liquéfié (GNL), en engrais et en minéraux critiques.

Compte tenu de la grande dispersion des scénarios possibles quant à la demande mondiale, à l’offre et aux prix, il revient au secteur privé d’évaluer les occasions de marché, de faire progresser les ententes commerciales, de mobiliser les capitaux et de gérer les risques de marché.

La tâche principale des gouvernements consiste à rationaliser et à réduire les risques du processus réglementaire, ainsi qu’à faciliter les consultations et la participation des peuples autochtones. La mise en œuvre rigoureuse des politiques annoncées aidera le Canada à tourner la page sur des années d’occasions perdues.

Plus d’un an après la « Journée de la libération », alors que l’incertitude demeure quant à la politique commerciale des États‑Unis, il est manifeste que le commerce mondial est porté par un ensemble plus large de forces et qu’il continue de croître à mesure que les marchés s’ajustent.

Le Canada est, et demeurera, une nation commerçante, les États‑Unis étant son principal partenaire commercial. Sur le plan international, notre défi est double.

Premièrement, dans la mesure du possible, nous devons nous efforcer d’obtenir, auprès de l’administration américaine, les paramètres d’une relation commerciale renouvelée, prévisible et mutuellement avantageuse, incluant, dans le cadre de l’examen de 2026, le renouvellement d’au moins les éléments fondamentaux de l’ACEUM. L’expérience d’autres partenaires des États‑Unis montre que la recherche de solutions expéditives n’est pas la réponse. Le Canada vise la bonne entente.

Deuxièmement, les gouvernements et les entreprises doivent travailler ensemble, en Équipe Canada, afin d’élargir nos relations commerciales et d’investissement avec des partenaires autres que les États‑Unis. Cela exige moins de nouveaux accords commerciaux que des efforts plus soutenus pour saisir les occasions de vendre nos biens et services sur les marchés mondiaux.

L’IA et les technologies numériques s’imposent comme des vecteurs de perturbation de plus en plus puissants, ce qui requiert dès maintenant des mesures de la part des gouvernements et des entreprises pour en tirer de la valeur tout en protégeant la souveraineté ainsi que la sécurité économique et nationale.

Pour le Canada, le développement et la diffusion productifs et responsables de l’IA et des technologies numériques nécessitent des investissements dans les infrastructures numériques, l’innovation et les compétences, afin de renforcer notre écosystème national en IA et de soutenir l’adaptation des travailleuses et travailleurs à l’évolution du contenu des emplois.

Nous pouvons définir la réussite dans l’économie numérique par notre capacité à faire croître des entreprises innovantes jusqu’à l’échelle nécessaire à la commercialisation de la propriété intellectuelle, en veillant à capter notre juste part de la valeur créée, plutôt que d’accroître notre dépendance à l’égard des géants technologiques américains (ou chinois).

La modernisation des cadres de politiques publiques pour l’économie numérique — de la souveraineté des données et de la protection de la vie privée à la concurrence et à la fiscalité — exige de l’innovation et de nouveaux niveaux de collaboration intergouvernementale, au Canada comme à l’échelle internationale, notamment avec d’autres puissances intermédiaires.

Certaines conditions horizontales de politique publique

Face à des réalités mondiales difficiles, les gouvernements, au cours de la dernière année, ont été portés par un regain d’ambition et d’urgence.

Des mesures distinctes et ciblées visant à libérer ou à « catalyser » l’investissement ont notamment compris la création de nouvelles agences et de nouveaux fonds, l’expansion ciblée de l’investissement public et l’introduction de nouvelles dépenses pour répondre à des pressions immédiates et obtenir des résultats rapides.

La mise en œuvre de ces initiatives exige un engagement soutenu.

Pour aller plus loin, les gouvernements doivent transformer le cœur même de l’architecture actuelle des politiques publiques et de la prestation des services.

Cette transformation sera plus difficile. Elle prendra plus de temps. La direction doit toutefois être définie tôt, avec des cibles intermédiaires inscrites dans un échéancier.

Premièrement, les gouvernements doivent entreprendre un examen rigoureux et structuré des lois-cadres et des règlements afin d’améliorer les incitatifs à l’investissement et à l’innovation. Le régime fiscal constitue une priorité.

  • Les crédits d’impôt ciblés ou les super‑déductions, comme ceux adoptés au cours des dernières années et assortis de clauses d’extinction, peuvent contribuer à accélérer l’investissement des entreprises. Toutefois, ils ajoutent de la complexité et nuisent à l’allocation des capitaux vers leurs usages les plus productifs.
  • Tout en donnant suite aux mesures déjà annoncées, le gouvernement fédéral pourrait préciser l’orientation et les principes d’un examen plus vaste du régime fiscal, en vue d’en simplifier les règles et, au fil des années, d’instaurer des incitatifs plus uniformes pour l’ensemble des formes d’investissement.

Deuxièmement, la coordination intergouvernementale doit être renforcée. La plupart des domaines de politique publique relèvent de compétences partagées. Dans des secteurs comme l’IA et l’économie numérique, où les forces concurrentielles et l’évolution technologique exigent des cadres souples et agiles, la collaboration est essentielle au renforcement des capacités. Cela ne signifie pas nécessairement une approche fédérale lourde : les provinces peuvent jouer un rôle de premier plan.

  • Les gains les plus faciles demeurent l’élimination des obstacles au commerce intérieur. Malgré une trêve conclue au début de 2025 et certains progrès, l’élan n’est pas suffisant pour produire des percées. Les provinces et les territoires doivent redoubler d’efforts.
  • Les gouvernements pourraient également concentrer leurs actions communes sur le travail avec les employeurs et les syndicats afin d’élargir et d’approfondir les compétences d’environ 60 % des travailleuses et travailleurs canadiens qui devraient être touchés par le déploiement de l’IA au cours des cinq à dix prochaines années. Les politiques publiques doivent accélérer l’adoption de technologies favorisant la productivité et soutenir l’adaptation de la main-d’œuvre.

Troisièmement, tout en faisant appel au secteur privé pour attirer de nouveaux talents dans la fonction publique, les gouvernements doivent moderniser et rationaliser les institutions publiques afin d’offrir des politiques et des services de grande qualité.

Notre système de gouvernance repose sur la capacité de la fonction publique à fournir aux ministres des conseils impartiaux et fondés sur l’expertise, ainsi qu’à mettre efficacement en œuvre leurs décisions. Or, des préoccupations existent quant à l’érosion de cette capacité. Elle doit être rétablie.

Quatrièmement, l’action gouvernementale doit s’inscrire dans des plans budgétaires rigoureux et crédibles.

Le Canada se compare avantageusement à la plupart des économies avancées — notamment aux États‑Unis — selon plusieurs indicateurs budgétaires clés. Néanmoins, les gouvernements demeurent fortement exposés à une perturbation des marchés des capitaux qui, en l’absence de marges de prudence suffisantes, pourrait imposer des ajustements douloureux.

La discipline budgétaire et une saine gestion du système financier sont des leviers essentiels pour inspirer la confiance, soutenir l’investissement privé et renforcer la résilience économique. Le Canada a démontré cette solidité lors de la crise financière mondiale (2007‑2009).

Au cours des dernières années, les gouvernements ont redéfini leurs ancrages budgétaires de manière à répondre plus aisément à leurs pressions de dépenses. Les déficits projetés ont été revus à la hausse, et l’inflexion de la trajectoire du ratio dette‑PIB a été repoussée à des années ultérieures. Avec un niveau d’endettement plus élevé et des taux d’intérêt de marché plus importants, le service de la dette absorbe une part croissante des revenus publics.

Tout en finançant les responsabilités fondamentales — de la sécurité nationale à l’éducation et aux soins de santé — les gouvernements peuvent renouer avec un avantage comparatif à l’échelle mondiale en établissant des plans budgétaires crédibles qui inscrivent le ratio de la dette publique au PIB sur une trajectoire résolument descendante. Cela exigera des choix difficiles.

Le moment est venu

Dans un monde bouleversé, le Canada dispose d’atouts pour renforcer sa résilience et s’engager sur la voie d’une croissance plus robuste. Encore faut‑il que les conditions de politique publique adéquates soient réunies.

Les entreprises doivent être prêtes à allouer des capitaux et à assumer des risques.

Bennett Jones se réjouit de collaborer avec ses clients afin d’aider le Canada à saisir pleinement ce moment.

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Note : Cette traduction a été générée par l’intelligence artificielle.

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