Billet

Contexte des F&A au Canada au T2 de 2026

Élan durable grâce aux investissements dans le secteur de l’énergie et à la demande liée à l’IA
Curtis A. Cusinato, Tyler B. McAuley, Kevin Myson, John D. van Gent, Craig R.R. Garbe et Aidyn Bhatia
13 juillet 2026
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Le marché des fusions et des acquisitions (F&A) au Canada a poursuivi son élan au cours du premier semestre de 2026, malgré un environnement mondial complexe caractérisé par des tensions commerciales, des pressions inflationnistes et des considérations géopolitiques en évolution.

Les investisseurs restent prudents dans un contexte de volatilité des marchés, bien que le sentiment demeure globalement positif. La convergence de ces tendances a quelque peu diminué le volume global des opérations et concentré l’activité sur des opérations de grande valeur. Les opérateurs s’adaptent à l’incertitude, les gestionnaires d’actifs et les fonds de pension de grande taille réalignent leurs portefeuilles et affinent leurs scénarios de simulation de crise en conséquence. Le capital-investissement continue de stimuler d’importantes acquisitions publiques, en particulier dans les marchés de l’énergie et de l’infrastructure, tandis que les politiques gouvernementales envoient des signaux encourageants dans des secteurs clés. Par conséquent, les opérations de F&A pourraient s’accélérer au cours du second semestre de cette année, alors que les investisseurs surmontent les défis et saisissent les occasions offertes par les différents secteurs afin de libérer des synergies des opérations.

Dans le cadre de cette mise à jour trimestrielle, nous examinons les secteurs où se concentre l’activité de F&A au Canada, la manière dont des politiques favorables encouragent les opérations dans le secteur de l’énergie, l’incidence de la demande alimentée par l’IA sur les F&A, et les tendances en immobilier au Canada.

Activités de F&A au Canada


Après un lent début d’année, la valeur totale des opérations au T2 a dépassé celle du T1, avec 77 milliards de dollars américains en F&A annoncées et réalisées au Canada (voir la figure 1), en hausse par rapport à la valeur totale des opérations au T1, qui était de 62 milliards de dollars américains. Le nombre d’opérations est resté faible, à 651, en baisse par rapport à 768 opérations au trimestre précédent. La divergence entre le nombre d’opérations et la valeur de celles-ci continue de refléter une concentration persistante au sommet du marché, les acheteurs stratégiques ciblant des actifs de haute qualité dans des secteurs précis, et une baisse du nombre de transactions de plus petite taille dans un contexte de financement plus restreint.

Activité canadienne de F&A par secteur (T2 2026)


Les secteurs de l’énergie (23 milliards de dollars américains pour 28 transactions) et des mines (12 milliards de dollars américains pour 149 transactions) représentaient la plus grande partie de la valeur des transactions, le pétrole et le gaz ainsi que l’or dominant leurs secteurs respectifs en termes de valeur des opérations et du nombre d’opérations. L’immobilier et les services publics ont également fait sensation au deuxième trimestre. Malgré la réalisation de moins de 10 transactions dans chacun de ces secteurs, la valeur des opérations de chacun d’eux a dépassé 8 milliards de dollars américains. Cela démontre de nouvelles possibilités dans ces secteurs. En effet, les perspectives d’activité dans le secteur des services publics sont bonnes, alors que les opérateurs de F&A cherchent à désengorger les réseaux de transport, à décupler le stockage d’énergie et à favoriser l’accès au réseau afin de soutenir la demande croissante d’énergie et le développement des infrastructures. La composition des principales opérations du secteur confirme ce que nous avons observé au premier trimestre, alors que les priorités nationales du Canada continuent de bénéficier des efforts concertés des gouvernements, des investisseurs privés et des intervenants du secteur.

Les opérations dans le secteur de l’énergie profitent des politiques favorables

Les possibilités abondent sur le marché canadien des F&A du secteur de l’énergie, comme en témoignent les plus importantes opérations de F&A conclues au T2. En plus de trôner au sommet de la valeur des transactions, le secteur de l’énergie compte la première et la cinquième plus importante opération du trimestre, notamment l’annonce par Shell d’un accord visant l’acquisition de la société canadienne d’énergie ARC Resources Ltd.*, évaluée à 16,5 milliards de dollars américains; et l'acquisition annoncée de SECURE Waste Infrastructure* par GFL Environmental, évaluée à 4,8 milliards de dollars américains, dans le cadre de laquelle Bennett Jones S.E.N.C.R.L., s.r.l. était l’avocat canadien de SECURE en matière de concurrence. Tout au long de 2026, nous prévoyons que l’accent placé par le Canada sur l’expansion de la capacité nationale devrait continuer à favoriser les acheteurs disposant de capitaux importants ainsi que l’augmentation globale du développement des infrastructures énergétiques et du volume des opérations.

D’une manière générale, le marché énergétique canadien est devenu plus attractif pour les investissements mondiaux d’acteurs prédominants qui cherchent des occasions de croissance dans un pays sûr et stable. L’activité dans le secteur pétrolier et gazier de l’Ouest canadien demeurera vigoureuse tout au long de 2026, en partie grâce à la récente crise énergétique mondiale et à une concentration accrue des investisseurs sur la sécurité énergétique et la résilience de la chaîne d’approvisionnement. Parmi les opérations récentes dans ce secteur, notons l’acquisition susmentionnée d’ARC Resources Ltd., ainsi que l’acquisition annoncée par Apollo de 40 % de Pembina Gas Infrastructure, l’acquisition de NuVista Energy par Ovintiv pour 3,8 milliards de dollars canadiens, et l’acquisition de Kiwetinohk Energy Corp.* par Cygnet Energy pour 1,4 milliard de dollars canadiens. Une telle activité de F&A met en évidence la croissance actuelle du secteur du gaz naturel liquéfié (GNL) et l’intérêt soutenu pour les sources d’énergie fiables sous forme de pétrole et de gaz.

La croissance de la capacité de GNL au Canada a également été favorisée par la publication de la liste nationale des projets du Canada, qui comprend deux projets de GNL importants : l’installation flottante proposée d’exportation de GNL Ksi Lisims dans le nord de la Colombie-Britannique et l’expansion de la phase 2 de LNG Canada du terminal de GNL de Kitimat, également en Colombie-Britannique. Ces deux projets ont été désignés Projet d’intérêt national par le Bureau des grands projets du gouvernement fédéral. En mai 2026, les gouvernements fédéral et provincial de la Colombie-Britannique ont signé un accord de coopération en matière d’investissement afin de soutenir une décision d’investissement finale en 2026 concernant la phase 2 de l’expansion, les participants de la coentreprise LNG Canada ayant approuvé le financement initial pour réaliser des travaux préparatoires essentiels. Toujours en mai, Ksi Lisims LNG a conclu un accord avec la société allemande Securing Energy for Europe visant l’approvisionnement de 1 million de tonnes de GNL par an pour une durée d’au plus 20 ans, et d’autres investisseurs européens ont exprimé leur intérêt pour des accords similaires. Les investisseurs qui suivent le marché du GNL au Canada seront encouragés de constater que ces projets progressent vers une décision d’investissement finale, et nous prévoyons une activité accrue des opérations dans le segment du GNL.

Pour les secteurs stratégiques comme celui de l’énergie, un contrôle diligent continu de la réglementation sera essentiel pour les investisseurs intéressés par des cibles canadiennes. Les récentes modifications apportées à la Loi sur la concurrence et à la Loi sur Investissement Canada, ainsi que plusieurs politiques publiées conjointement avec la Stratégie industrielle de défense du Canada et la Mise à jour économique du printemps de 2026 (y compris les mises à jour proposées aux Lignes directrices sur l’examen relatif à la sécurité nationale des investissements), témoignent d’un rôle plus actif du gouvernement dans l’examen des investissements étrangers et des transactions dans les secteurs clés. Il importe toutefois de noter que les évaluations des projets énergétiques et d’infrastructure qui appuient les objectifs stratégiques du Canada pourraient également être accélérées, la Loi visant à bâtir le Canada et le Bureau des grands projets du gouvernement fédéral cherchant à simplifier l’approbation et l’autorisation des projets. Parmi les autres signaux positifs découlant des politiques et envoyés aux investisseurs, notons la hausse des seuils de bénéfices nets, lesquels ont atteint 1,452 milliard de dollars canadiens pour les investisseurs d’un pays membre de l’Organisation mondiale du commerce et 2,179 milliards de dollars canadiens pour les investisseurs d’un pays signataire d’un accord de libre-échange avec le Canada, y compris des É.-U. et de l’UE. Par conséquent, les parties à des transactions liées à des capitaux étrangers doivent tenir compte des échéanciers réglementaires, ainsi que de l’ensemble des facteurs politiques et commerciaux beaucoup plus tôt dans le processus. Nous prévoyons que les investissements étrangers au Canada augmenteront tout au long de 2026, à mesure que davantage d’investisseurs européens, américains et asiatiques chercheront à assurer leurs approvisionnements en énergie face aux perturbations durables des marchés mondiaux des carburants.

La demande alimentée par l’IA continue de stimuler les opérations

La demande pour l’intelligence artificielle (IA) se traduit toujours en activités de F&A, les opérations relatives aux centres de données et à l’infrastructure numérique connexe s’accélérant au cours du premier semestre de 2026. Parmi les opérations du trimestre, mentionnons l’acquisition de QScale, une plateforme canadienne chef de file des centres de données, par Goldman Sachs Alternatives et l'agrandissement annoncé par Microsoft d’Azure Centre du Canada en Ontario, dans le cadre de son engagement de 19 milliards de dollars canadiens envers l’infrastructure canadienne en matière d’IA. Le gouvernement du Canada continue à faire avancer son initiative d’IA souveraine avec trois propositions de projets de centres de données d’IA de grande taille en Colombie-Britannique, en collaboration avec TELUS. Le développement rapide des centres de données représente pour le Canada un cycle opportun d’investissements à long terme qui couvrira plusieurs secteurs.

En plus de la croissance actuelle du nombre d’opérations dans les secteurs minier et des matériaux visant à soutenir les centres de données qui utilisent une grande quantité de minéraux, l’essor actuel génère également des possibilités dans des secteurs connexes, notamment l’énergie carboneutre, l’intégration du réseau et les systèmes de refroidissement.

  • Électricité carboneutre : Les limites à l’approvisionnement en électricité pour répondre aux besoins énergétiques des centres de données représentent des défis cruciaux. Afin de répondre à leurs besoins en énergie, les centres de données à très grande échelle se tournent vers les sources d’énergie à faible intensité en carbone, la capacité d’énergie propre sous contrat des sociétés de premier plan (par exemple, Amazon.com Inc., Google LLC, Meta Platforms Inc. et Microsoft Corp.) ayant atteint près de 135 GW en février 2026, selon un rapport de S&P Global Energy Horizons*. Au Canada, les centres de données permettent de créer des synergies entre les plateformes d’énergie renouvelable et les grands gestionnaires d’actifs, comme en témoigne l’acquisition d’une valeur de 6,5 milliards de dollars américains de Boralex par Brookfield Asset Management et La Caisse de dépôt et placement du Québec.
  • Intégration du réseau : La capacité limitée du réseau électrique canadien et les longs délais de raccordement au réseau constituent un obstacle important à la construction des centres de données. Les autorités de réglementation agissent rapidement pour éliminer ces obstacles, mais ce faisant, elles pourraient imposer des exigences réglementaires supplémentaires aux promoteurs. Par exemple, le projet de loi 40 de l’Ontario propose de prioriser l’approbation des demandes de connexion des projets de centres de données, mais seulement s’ils respectent certaines conditions, par exemple une contribution mesurable à l’économie locale, avant d’être connectés ou reconnectés au réseau. Pour remédier au déséquilibre actuel entre l’importante demande qui proviendra de projets de centres de données et l’offre et la capacité de transmission d’électricité disponibles, les parties prenantes optent pour des solutions hors réseau, notamment le modèle « autoapprovisionné » observé en Alberta. Ces solutions suscitent un intérêt croissant pour le stockage par batterie et même les petits réacteurs modulaires, ainsi que pour les opérations traditionnelles dans le secteur de la transmission, comme la vente annoncée de Cleco Group LLC pour 6 milliards de dollars américains* afin de soutenir la croissance future de la demande.
  • Systèmes de refroidissement : Comme les processeurs d’IA génèrent jusqu’à 10 fois plus de chaleur par support que les serveurs traditionnels, on s’attend à ce que le marché du refroidissement liquide connaisse un taux de croissance annuel composé de 32,7 % de 2025 à 2030. La vente de CoolIT Systems* par KKR à Ecolab (dans le cadre de laquelle Bennett Jones était le conseiller juridique de KKR), évaluée à 4,75 milliards de dollars américains, illustre la façon dont le marché en plein essor des centres de données d’IA peut également créer des occasions dans les secteurs connexes, comme les infrastructures, y compris dans les technologies de gestion de l’eau.

Les perspectives en matière de F&A dans le secteur canadien des infrastructures numériques devraient rester solides tout au long de2026, alors que le secteur et les politiques gouvernementales visent à favoriser le développement de centres de données au Canada.

Tendances en F&A du secteur de l’immobilier au Canada

Le marché immobilier canadien est en pleine évolution en raison d’une combinaison de changements structurels récents, du déploiement opportuniste de capitaux et des défis constants des évaluations complexes. Cependant, bien que le volume d’opérations ait été faible au T2 avec seulement 8 transactions, la valeur des opérations est montée en flèche pour s’établir à 9,6 milliards de dollars américains. Le nombre élevé d’opérations est dû en grande partie à l’annonce de l’acquisition proposée, pour 9,4 milliards de dollars canadiens, de First Capital REIT par KingSett Capital et Fiducie de placement immobilier Propriétés de Choix. Bennett Jones représente KingSett Capital dans le cadre de cette transaction historique, qui devrait se conclure au cours du second semestre de 2026. Parmi les autres opérations notables au T2, mentionnons l’acquisition de Ravelin Properties REIT par Clarke Inc. (par voie de plan d’arrangement) pour 1,1 milliard de dollars canadiens. Bennett Jones agissait comme conseiller juridique de Clarke pour cette transaction ainsi que pour l’acquisition des complexes commerciaux Nord et Sud de Les Galeries de la Capitale à Québec par Immostar et Primaris REIT pour 44,5 millions de dollars américains.

L’évolution des tendances en matière de transactions se poursuit après la pandémie, alors que le flux d’opérations a diminué et que les écarts d’évaluation demeurent importants. De plus en plus, les sociétés de capital-investissement et les grands investisseurs institutionnels saisissent les occasions stratégiques pour acquérir des actifs en difficulté, ce qui entraîne une augmentation des conversions en société fermée. L’opération susmentionnée de KingSett Capital est l’exemple le plus notable de cette tendance, mais d’autres opérations récentes comprennent la conversion en société fermée de Minto Apartment REIT* par Crestpoint Real Estate Investments et Minto Group, évaluée à 2,3 milliards de dollars canadiens, ainsi que l'acquisition complétée de European Residential Real Estate Investment Trust* par Canadian Apartment Properties REIT (CAPREIT), pour une valeur totale approximative de 441 millions de dollars canadiens.

La hausse du nombre d’acquisitions opportunistes par les sociétés de capital-investissement a été, en partie, alimentée par les écarts d’évaluation persistants sur l’ensemble du marché immobilier. De nombreux actifs, allant des condos en préconstruction aux grands immeubles commerciaux, ont vu leur valeur marchande diminuer après la pandémie, créant un déséquilibre entre les vendeurs et les acheteurs qui ne sont pas disposés à payer au-dessus de l’évaluation actuelle du marché. Cette divergence est particulièrement évidente dans le secteur commercial, où les liquidités sont importantes, mais où le manque d’actifs à prix approprié réduit le volume d’opérations. Bien qu’un écart d’évaluation important persiste, une meilleure adéquation entre les évaluations d’actifs et l’appétit des investisseurs pourrait aider à réduire cet écart, créant une hausse potentielle de l’activité au cours du second semestre de l’année.

Ce que l’avenir nous réserve

L’environnement de F&A a été actif au premier semestre de 2026, mais plus sélectif et stratégique qu’au cours des années précédentes, en raison des récents événements géopolitiques qui ont à la fois stimulé les opérations dans des secteurs d’importance stratégique et miné la confiance du marché à l’égard d’autres secteurs. À court terme, l’incertitude ne devrait pas s’apaiser complètement et les investisseurs ajustent leur approche en conséquence. Et pourtant, un faible appétit pour le risque pourrait être un avantage pour le Canada, alors que les investisseurs mondiaux cherchent à diversifier leur exposition au risque et se tournent vers le Canada pour sa stabilité politique et institutionnelle. À mesure que le gouvernement du Canada continue de déployer des initiatives visant à attirer les investissements dans des secteurs clés tels que l’énergie et l’infrastructure numérique, l’activité des F&A au Canada pourrait augmenter au cours de la deuxième moitié de l’année.

Tous les chiffres sont conformes aux données de S&P Global Market Intelligence en dollars américains pour les opérations annoncées ou réalisées, lorsqu’une société canadienne est l’acquéreuse, la cible ou la vendeuse, au 30 juin 2026.

*mène à un site en anglais

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Cette publication fournit un aperçu des tendances et des mises à jour juridiques à titre informatif uniquement. Pour des conseils juridiques personnalisés, veuillez contacter les auteurs.

Note : Cette traduction a été générée par l’intelligence artificielle.