La conférence annuelle de 2026 des investisseurs dans le secteur de la santé organisée par Bloom Burton & Co., le principal forum international canadien destiné aux entreprises du secteur de la santé et aux investisseurs dans ce secteur, s’est tenue à la fin avril à Toronto. Le conférencier d’honneur Eric Tokat, de Centerview Partners, s’est adressé aux dirigeants du secteur pour évoquer la forte intensification actuelle des opérations de fusion et d’acquisition et les perspectives pour le second semestre de 2026. Voici les points forts de sa présentation, qui a mis en lumière l’essor des fusions et des acquisitions que connaît actuellement le secteur.
Signes d’une forte augmentation
Les opérations de fusion et d’acquisition dans le secteur des sciences de la vie ont connu une hausse au cours des derniers trimestres, se rapprochant des sommets historiques atteints pendant les années de la pandémie. Depuis le début de l’année 2026, les fusions et acquisitions en biopharmaceutique représentent à elles seules 14 opérations d’un montant total de 49 milliards de dollars américains, après une année 2025 qui avait vu le volume des transactions atteindre le chiffre record de 112 milliards de dollars américains. Même si l’activité avait ralenti après la pandémie de COVID-19 en raison de facteurs macroéconomiques défavorables, notamment la guerre en Ukraine, l’instabilité géopolitique actuelle ne semble pas nuire à l’appétit des investisseurs. La concurrence s’intensifie dans le contexte actuel : en 2025, 30 % des opérations comportent plus d’un soumissionnaire (par rapport à 10 % en 2024), certains acheteurs étant même prêts à renoncer à la communication de données stratégiques (c’est-à-dire celles de la phase 3) avant de conclure la vente.
Un autre signe de la vigueur du marché des fusions et des acquisitions réside dans l’élargissement de l’éventail des domaines thérapeutiques, des modalités et des stades de développement qui suscitent l’intérêt des investisseurs (notamment l’oncologie, les maladies cardiométaboliques et le GLP-1, les maladies rares, ainsi que les technologies médicales et les plateformes d’IA). Si les actions du secteur pharmaceutique ont profité de la tendance à la hausse générale observée sur les marchés financiers (avec une progression de 80 % depuis l’année dernière), on constate également une forte augmentation des opérations de fusion et d’acquisition dans le secteur privé, qui représentent environ 40 % de l’activité depuis le début de l’année 2026.
Facteurs qui favorisent les opérations
Étant donné qu’il pourrait en découler un manque à gagner pouvant atteindre 300 milliards de dollars d’ici 2028 (en anglais), l’expiration des brevets incite les grands acteurs stratégiques à multiplier les opérations ciblées, dans une optique de pérennité des revenus, de diversification et de croissance à long terme. En conséquence, on observe sur le marché que les grandes entreprises pharmaceutiques cherchent à la fois à s’étendre et à acquérir des innovateurs en phase de démarrage ou de croissance afin de renforcer leurs portefeuilles.
Parmi les autres secteurs porteurs en matière de fusions et d’acquisitions, on trouve les investissements, qui sont susceptibles de soutenir des évaluations plus élevées, notamment quant aux innovations ciblant les maladies affectant une population importante (maladies cardiométaboliques et maladies à forte prévalence). L’innovation dans le domaine des maladies rares reste également au centre de l’attention, représentant environ le tiers des opérations conclues depuis 2020.
L’écosystème des sciences de la vie en Chine suscite lui aussi un intérêt croissant de la part des investisseurs. En effet, les investissements américains dans des actifs chinois ont atteint des niveaux records ces dernières années, au moment où le pays continue de s’imposer comme un acteur innovant dans ce secteur. Selon McKinsey, [traduction] « en 2024, 28 % des ententes de concession de licence [dans le secteur biopharmaceutique] conclues par les 20 plus grandes multinationales pharmaceutiques concernaient des entreprises chinoises, par rapport à seulement 3 % en 2020. » Cette activité s’inscrit dans le cadre des changements réglementaires (en anglais) envisagés par la FDA aux États-Unis, notamment ceux visant à favoriser une dynamique de marché plus constructive et plus concurrentielle vis-à-vis de la Chine.
Perspectives au Canada et à l’étranger
La hausse actuelle des opérations de fusion et d’acquisition dans le secteur des sciences de la vie ne semble pas près de ralentir. Le Canada s’est révélé être un terrain de chasse fertile grâce aux annonces par Lilly, GSK, Pfizer et AstraZeneca (entre autres) ces dernières années, d’acquisitions d’entreprises biotechnologiques canadiennes. Les conditions du marché (dont l’intensification de l’innovation, l’expiration massive de brevets, le climat de prise de risque sur les marchés financiers) laissent présager une recrudescence des opérations de fusion et d’acquisition, tant au Canada qu’à l’étranger.
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