Dans un récent décision, L’Organisme canadien de réglementation des investissements (OCRI) a imposé de lourdes pénalités à la suite de conclusions concernant des pratiques commerciales répréhensibles de la personne désignée ultime (PDU) d’un courtier en valeurs mobilières, ce qui souligne la sévérité avec laquelle l’OCRI punira les manquements perçus à l’obligation de « donner le ton à la direction ».
Les conclusions concernant la responsabilité permettent de cerner le contexte des sanctions.
Dans sa décision, un panel de l’OCRI a conclu qu’un dirigeant (qui était également la PDR de l’entreprise) et l’entreprise avaient enfreint les règles visant les membres courtiers en placement et les courtiers en placement et règles partiellement consolidées (RPC).
- Le dirigeant – qui était également le PDU – a été reconnu coupable d’avoir eu recours à des pratiques commerciales répréhensibles en accédant de manière inappropriée à un crédit en négociant dans les comptes de prix moyen et de stocks de la société sans marge adéquate. Bien que le dirigeant ait assumé la responsabilité de la perte, la marge était insuffisante pour soutenir les opérations de négociation.
- La firme n’a pas tenu de livres et registres adéquats et n’a pas fourni de registres d’activité de négociation, contrairement à ses obligations réglementaires.
- Le cadre, en tant que PDU, n’a pas réussi à promouvoir et à faire respecter la conformité au sein de l’entreprise.
Ces conclusions ont servi de base à la décision du panel concernant les sanctions et les coûts. Afin de déterminer les sanctions appropriées, le comité s’est fondé sur les Directives relatives aux sanctions de l’OCRC, en mettant l’accent sur le principe de dissuasion générale, la proportionnalité des sanctions et le rôle central de la PDR dans la promotion de la conformité globale au sein d’une entreprise.
L’approche du collège et le fait qu’une longue période se soit écoulée entre les conclusions du collège concernant la responsabilité et l’imposition de sanctions soulignent que l’analyse des sanctions n’est pas une extension mécanique des conclusions de responsabilité, mais un exercice distinct au cours duquel les collèges peuvent imposer des conséquences importantes.
Les sanctions imposées
Le comité a imposé d’importantes sanctions monétaires à l’administrateur, soit (a) une amende de 500 000 $ canadiens ; (b) plus de 1 200 000 $ en restitution ; et (c) 230 000 $ en frais.
De plus, et de manière encore plus significative, il a été interdit à ce dirigeant a) de s’inscrire en tant que représentant auprès de tout courtier pendant un an ; b) d’exercer les fonctions de dirigeant ou de superviseur dans un Membre courtier ou une Personne réglementée (sous réserve de quelques exceptions) pendant trois ans ; et c) d’exercer à jamais les fonctions de PDU, ce qui constitue une interdiction permanente.
L’OCRI a également imposé des sanctions importantes à la firme. De plus, en plus d’une amende de 250 000 $ CA et de 20 000 $ CA en frais de justice, le groupe a interdit à la firme de déléguer des fonctions de surveillance à l’administrateur et a exigé de la firme qu’elle modifie sa direction et adopte des exigences de déclaration renforcées.
L’OCRI a qualifié ces sanctions comme étant du côté élevé de l’échelle disponible. En prenant sa décision, le panel a mis l’accent sur la dissuasion générale et la nécessité de renforcer le leadership en matière de conformité au sein des entreprises de courtage.
Établir un « ton donné par la direction »
Au cœur de l’analyse des sanctions se situait le rôle de la haute direction, en particulier de la PDR. Le panel a souligné que la mauvaise conduite d’un PDR est intrinsèquement aggravante et que la conduite du dirigeant était « préjudiciable à l’obligation du PDR de promouvoir une culture de la conformité au sein de l’entreprise et de donner le ton de la direction ».
Le panel a considéré que l’ancienneté du poste de PDR aggravait la gravité de la conduite et justifiait une interdiction permanente d’occuper de futurs postes de PDR, malgré des facteurs atténuants tels que le remboursement des pertes et le fait que l’entreprise n’ait pas retenu de personnel de conformité.
Le comité a examiné ses lignes directrices en matière de sanctions et a souligné que les personnes occupant un poste de supervision peuvent être suspendues si leurs lacunes en matière de supervision sont « graves ».
Sanctions réglementaires à l’égard des entreprises
Les sanctions imposées à la firme allaient au-delà des amendes et des coûts pour inclure des conditions d’enregistrement spécifiques. Ces exigences comprenaient la nomination de nouveaux dirigeants supérieurs, des rapports mensuels obligatoires des responsables de la conformité et des finances au conseil d’administration, ainsi que des restrictions à la délégation des responsabilités de surveillance.
Les sanctions imposées à la firme comprenaient également des conditions précises et continues en matière d’inscription, comme des changements obligatoires à la direction et des obligations accrues de présentation de rapports au conseil d’administration. Ces conditions ont été imposées malgré la reconnaissance du comité que les lacunes relevées lors des précédents audits de conformité avaient été corrigées depuis. Ces conditions étaient, encore une fois, plutôt graves compte tenu des lacunes.
Les firmes de courtage doivent savoir que les procédures d’application de la loi peuvent désormais entraîner une surveillance réglementaire soutenue des structures de gouvernance, avec des implications directes pour l’autonomie du conseil d’administration et de la direction.
Implications pratiques pour les sociétés de concessionnaires
Cette décision met en évidence plusieurs considérations pour les sociétés de courtage réglementées par la CRFO :
- Le risque de sanctions doit être évalué indépendamment du risque de responsabilité. Même lorsque l’inconduite est limitée dans le temps ou sa portée, les sanctions peuvent être larges à la lumière de l’exigence d’un « ton donné par la direction ».
- La mauvaise conduite des personnes responsables de la promotion et de la protection de la conformité entraînera des sanctions sévères. Le collège a souligné que le poste de dirigeant en tant que PDR du cabinet aggravait la gravité de sa conduite répréhensible, qui était « contraire à l’obligation de promouvoir une culture de la conformité au sein de son cabinet et de donner le ton de la direction ».
- Les commissions peuvent examiner non seulement les défaillances, mais aussi la façon dont l’autorité et la responsabilité sont réparties au niveau du conseil d’administration et de la direction.
- Les amendes imposées aux intimés se situent à la fourchette supérieure des amendes prononcées dans des affaires similaires, ce qui souligne la perception du panel de la gravité de la mauvaise conduite.
Observations de clôture
Le mandat de la CRCM comprend la dissuasion et la promotion d’une culture de conformité. Parallèlement, le panel lui-même a reconnu que les sanctions doivent être proportionnelles. Les entreprises de courtage devraient considérer cette décision comme un indicateur de gravité et comme un signal pour réévaluer les cadres de gouvernance, la documentation de conformité et les stratégies de réponse aux infractions, en particulier pour ceux qui occupent des postes de direction en matière de conformité et des postes de direction.




















