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Appel interjeté: 
contestation de la reconnaissance de l’IA comme inventeur — conséquences au-delà de la paternité

Ahmed Elmallah, Benjamin Reingold et Stephen Burns
16 décembre 2025
Neon futuristic 3d sphere of blue and purple glowing digital waves and particles. Future technology concept, Artificial Intelligence, engineering, and science.
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Dans une saga qui se déroule au Canada et devant les tribunaux du monde entier, Stephen Thaler a interjeté appel devant la Cour fédérale du Canada d’une décision sous-jacente qui refusait de reconnaître un système d’intelligence artificielle (IA) comme inventeur. Dans l’avis d’appel du 5 décembre 2025 1, M. Thaler conteste une décision du commissaire aux brevets refusant une demande de brevet canadien au motif que l’inventeur inscrit était un système d’intelligence artificielle et non un humain.

La demande de M. Thaler visant à faire reconnaître un système d’IA comme inventeur a été rejetée dans presque tous les autres pays du monde, y compris par la Cour suprême du Royaume-Uni2 et la Cour d’appel des États-Unis3

Fait important, l’appel Thaler pourrait avoir des conséquences qui s’étendent au-delà de cette seule demande de brevet. Comme l’IA et les systèmes d’IA générative (IA générative) jouent un rôle de plus en plus important dans la recherche et le développement, les questions soulevées par cette affaire ne sont plus simplement théoriques. Elles ont des répercussions sur la façon dont l’innovation est protégée dans la pratique.

La décision du commissaire : pourquoi l’IA ne pourrait pas être un inventeur

Le 5 juin 2025, le commissaire aux brevets a refusé la demande de brevet canadien no. 3,137,161 (demande 161), suite à une recommandation de la Commission d’appel des brevets (CAP)4. La  demande 161 concerne généralement un récipient pour aliments et boissons et un dispositif de signalisation conçu pour attirer davantage l’attention.

Plutôt que d’être conçus par un humain, les concepts revendiqués dans la demande 161 ont été conçus par un système d’IA appelé Device for Autonomous Bootstrapping of Unified Sentience (DABUS). DABUS est un système d’IA que M. Thaler aurait développé et dont il serait propriétaire.

Le refus de la CAP n’avait rien à voir avec l’objet brevetable, la nouveauté ou l’évidence. La seule question en litige était celle de la paternité. En vertu de la Loi sur les brevets, une demande de brevet doit être déposée par un « inventeur ou son représentant légal ». Bien que le terme « inventeur » ne soit pas défini dans la Loi sur les brevets ni dans les Règles sur les brevets, la CAP a conclu que le sens ordinaire du terme renvoie à une « personne ».

L’appel : ce qui est contesté

L’appel d’une décision du commissaire est d’abord examiné par la Cour fédérale.

L’appel interjeté par M. Thaler devant la Cour fédérale conteste la conclusion juridique selon laquelle le terme « inventeur » doit se limiter aux personnes physiques. En termes généraux, M. Thaler soutient que le commissaire a interprété le mot « inventeur » de façon trop étroite en gelant son sens dans le passé. M. Thaler allègue que l’interprétation de la Loi sur les brevets devrait évoluer pour tenir compte des nouvelles réalités technologiques, y compris les machines qui peuvent générer des inventions de façon autonome. Compte tenu de ce qui précède, M. Thaler sollicite des déclarations selon lesquelles DABUS est un « inventeur » au sens de la Loi sur les brevets et que son propriétaire, M. Thaler, a droit à toute propriété intellectuelle qu’il crée.

L’appel de M. Thaler sera probablement entendu par un seul juge de la Cour fédérale au cours du deuxième semestre de 2026. Un appel subséquent serait entendu par une formation de trois juges de la Cour d’appel fédérale.

Répercussions de la paternité de l’IA

Le débat entourant la paternité de l’IA est en grande partie abstrait, mais il soulève des questions pratiques. Les demandeurs de brevets sont tenus d’identifier tous les inventeurs. Toutefois, comme les outils d’IA et d’IA génique jouent un rôle croissant dans le RÈD, des questions se posent quant à la façon dont ces systèmes d’IA devraient être traités, en particulier lorsqu’ils contribuent matériellement à une invention.

Il est important de faire la distinction entre la paternité et la titularité. Les droits de brevet appartiennent à l’inventeur ou à l’entreprise qui emploie l’inventeur (et qui reçoit une cession des droits). En principe, un système d’IA pourrait être inscrit comme inventeur pendant que les droits de brevet sont cédés à un humain ou à une entreprise. Toutefois, si les systèmes d’IA ne peuvent pas du tout être inscrits sur la liste des inventeurs, les entreprises peuvent-elles conserver des droits de brevet lorsque la production inventive est en grande partie générée par l’IA?

Ces problèmes peuvent se manifester dans le secteur des brevets pharmaceutiques. Dans le domaine de la découverte pharmaceutique, les modèles d’IA sont utilisés pour proposer de nouveaux composés, des cibles biologiques et des formulations. Les droits de brevet sur ces composés et formulations peuvent avoir une valeur commerciale extraordinaire.

Voici un exemple utile à cet égard AlphaFold, le système d’IA développé par Google DeepMind. AlphaFold a été utilisé pour générer des structures tridimensionnelles de protéines et a permis de résoudre un problème de longue date en biologie : comment prédire les structures complexes des protéines à partir de leurs séquences d’acides aminés. Les travaux réalisés par AlphaFold ont valu à ses développeurs humains de se voir décerner le prix de l’Union européenne Prix Nobel de chimie, en 2024. Si les accolades scientifiques ont été attribuées aux développeurs humains, les découvertes spécifiques ont été produites par l’IA elle-même.

Par conséquent, comme l’IA générative continue de jouer un rôle croissant dans de multiples domaines, les questions relatives à la paternité (et à la propriété) deviendront de plus en plus centrales plutôt qu’exceptionnelles.

Conclusion

L’appel Thaler porte directement sur la question de la paternité de l’IA devant la Cour fédérale du Canada à un moment où l’innovation axée sur l’IA devient rapidement répandue. Bien que la décision du commissaire reflète ce que la CAP considère comme les limites actuelles de la Loi sur les brevets, l’appel de M. Thaler met en évidence une tension croissante entre les concepts traditionnels de la paternité de l’invention et les pratiques modernes de la R.D.P.

Veuillez noter que cette publication présente un aperçu des tendances juridiques notables et des mises à jour connexes. Il est fourni à titre informatif et ne remplace pas les conseils juridiques détaillés. Si vous avez besoin de conseils adaptés à votre situation particulière, veuillez communiquer avec l’un des auteurs pour savoir comment nous pouvons vous aider à répondre à vos besoins juridiques.


1Stephen L. Thaler v. Attorney General of Canada, Court File No. T-4928-25, ID 1 (Filed on December 5, 2025).
2Thaler (Appellant) v Comptroller-General of Patents, Designs and Trade Marks (Respondent), [2023] UKSC 49.
3Thaler v. Vidal, 43 F.4th 1207, 1210 (Fed. Cir. 2022).
4Thaler, Stephen L. (Re), 2025 CACP 8.
5Subsection 27(2), Patent Act (R.S.C., 1985, c. P-4).

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Note : Cette traduction a été générée par l’intelligence artificielle.

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