Bennett JonesPerspective La cour réaffirme les limites des ordonnances Norwich dans les litiges liés aux actifs cryptographiquesRobert Staley et Douglas Fenton 6 juillet 2026 ![]() Auteur(e)s Robert W. StaleyVice-président et associé Doug FentonAssocié Dans Nivora Group LLC c. Ping et al., 2026 ONSC 2943, la Cour supérieure de justice de l'Ontario a rejeté une requête pour une ordonnance Norwich visant à obtenir la divulgation de tiers de deux plateformes d'échange de cryptomonnaies dans un litige présumé de détournement d'actifs. La décision de la Cour constitue un rappel important que les ordonnances Norwich sont des recours exceptionnels et ne peuvent être invoquées pour contourner le processus de découverte habituel. Contexte : La demande de divulgationDans Nivora, le litige sous-jacent découle de la création d'un jeton d'actif cryptographique appelé TDCCP, acronyme de "Take Down the Chinese Communist Party". TDCCP est une pièce de mème sans valeur intrinsèque qui peut être échangée contre des actifs cryptographiques plus courants comme USDC (USD Coin) ou SOL (utilisé sur la blockchain Solana) et ensuite convertie en argent liquide. Les demandeurs, Nivora Group LLC et Action Action Action LLC, ont allégué que les défendeurs, qui avaient participé au développement du jeton, avaient détourné des fonds en transférant des actifs TDCCP convertis vers divers portefeuilles. Les demandeurs ont sollicité une ordonnance Norwich contre les plateformes d'échange de cryptomonnaies utilisées par les défendeurs, avec notification aux défendeurs, dans l'espoir de retracer les actifs non comptabilisés et d'obtenir des informations sur les détenteurs des portefeuilles. Les défendeurs se sont opposés à la requête en affirmant que les demandeurs tentaient de contourner le processus de découverte ordinaire et qu'une divulgation substantielle avait déjà été fournie. Les ordonnances Norwich comme recours extraordinairesUne ordonnance Norwich est un recours équitable qui permet à un demandeur d'obtenir des informations d'un tiers à un litige. Les tribunaux canadiens ont identifié trois objectifs possibles d'une ordonnance Norwich :
La Cour a réaffirmé qu'une ordonnance Norwich doit être "utilisée avec parcimonie et uniquement lorsque cela est nécessaire." Pour justifier une ordonnance Norwich :
La décision de la Cour : Le recours Norwich n'est pas nécessaireLa Cour a rejeté la requête. Bien que les demandeurs aient réussi à atteindre le seuil de démonstration d'une réclamation bona fide ou potentielle et aient établi que les plateformes d'échange de cryptomonnaies étaient suffisamment liées à l'acte répréhensible allégué, cela n'était pas suffisant pour prouver que les productions de tiers étaient nécessaires ou dans l'intérêt de la justice. Les demandeurs n'ont pas réussi à démontrer que les plateformes d'échange étaient la seule "source pratique" des informations demandées, ni à convaincre la Cour qu'il y avait un besoin urgent de localiser les actifs non comptabilisés. Les défendeurs avaient déjà fourni des informations détaillées par le biais de preuves par affidavit, de mémoires et de contre-interrogatoires, et les parties avaient discuté d'un plan de découverte qui abordait l'activité sur la chaîne et les registres des plateformes d'échange. La Cour a également estimé que l'intérêt des demandeurs pour la divulgation ne l'emportait pas sur les intérêts de protection de la vie privée et de la confidentialité des détenteurs de portefeuilles inconnus. À cet égard, "le but d'une ordonnance Norwich n'est pas d'aider les demandeurs à étayer leurs réclamations, à quantifier leurs dommages ou à déterminer l'étendue de la violation alléguée." Points à retenirNivora doit être compris comme une réaffirmation du cadre existant des ordonnances Norwich. La décision renforce que les ordonnances Norwich ne doivent pas être traitées comme des ordres de production de routine. Un demandeur doit convaincre la Cour que la divulgation demandée est pertinente et nécessaire, que le tiers est la seule source pratique, et que les intérêts de la justice favorisent la divulgation. Lorsque les auteurs présumés des actes répréhensibles sont connus, que l'action a été engagée et que le processus de découverte ordinaire peut raisonnablement produire les informations demandées, une ordonnance Norwich est peu susceptible d'être nécessaire. Demandes de republication Pour obtenir la permission de republier cette publication ou toute autre publication, contactez Erica Wirthlin à wirthline@bennettjones.com. À titre informatif uniquement Cette publication fournit un aperçu des tendances et des mises à jour juridiques à titre informatif uniquement. Pour des conseils juridiques personnalisés, veuillez contacter les auteurs. Auteur(e)sRobert W. Staley, Vice-président et associé Toronto • 416.777.4857 • staleyr@bennettjones.com Doug Fenton, Associé Toronto • 416.777.6084 • fentond@bennettjones.com |
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