Perspective

Points à retenir du Forum des affaires de l’énergie à la CEEA '75

Steven Major L. c.r. et Audrix Arce
30 septembre 2026
Tuyaux en acier avec vannes rouges. Pipeline de gaz. Tuyaux d’approvisionnement en pétrole. Gros plan sur un pipeline avec vannes.
Auteur(e)s
Steven L. Major KCAssocié
Audrix ArceAvocat

Points clés

  • La première ministre de l’Alberta, Danielle Smith, et le premier ministre de la Nouvelle-Écosse, Tim Houston, discutent de la coopération interprovinciale et de la proposition de valeur du Canada à titre de producteur d’énergie.
  • Certitude réglementaire, Bureau des grands projets et délais d’approbation des projets.
  • IA, centres de données et conversion du gaz naturel en électricité—et en intelligence.
  • Développement intérieur : raffinage, pétrochimie et construction à proximité des utilisateurs finaux.
  • La fenêtre stratégique pour les infrastructures énergétiques canadiennes.
  • Mobilisation des Autochtones et des propriétaires fonciers.

Le secteur énergétique du Canada se trouve à un point d’inflexion. Des années d’incertitude réglementaire, de frictions interprovinciales et de bouleversements des marchés mondiaux ont laissé place à une possibilité renouvelée, tempérée par la reconnaissance que les fenêtres d’occasion ne restent pas ouvertes indéfiniment. Tel a été le message central du Energy Business Forum lors de la 75e conférence de la Canadian Energy Executive Association (CEEA) à Banff, en Alberta, où des dirigeants de l’industrie, des leaders gouvernementaux et des partenaires autochtones se sont réunis pour tracer une voie pratique vers l’avenir.

Deux premiers ministres, un seul message : le Canada est ouvert aux affaires dans le secteur de l’énergie

La séance principale réunissait la première ministre de l’Alberta, Danielle Smith, et le premier ministre de la Nouvelle-Écosse, Tim Houston, et portait sur les perspectives interprovinciales quant au potentiel énergétique du Canada. La première ministre Smith est revenue sur la scène de la CEEA avec un argumentaire élargi : l’Alberta produit non seulement de l’énergie à des niveaux records, mais attire aussi activement de nouveaux investissements dans la transformation à valeur ajoutée, la pétrochimie et les infrastructures de centres de données. Elle a souligné que l’économie des raffineries ne peut pas dépendre d’un pétrole à 100 $ CA. La meilleure stratégie consiste à construire des installations à valeur ajoutée près des personnes qui utiliseront les produits finis en aval, et à créer un environnement réglementaire et de redevances qui rende ces investissements viables.

Le premier ministre Houston a proposé un récit complémentaire. La Nouvelle-Écosse possède de vastes ressources gazières terrestres et a levé son interdiction de longue date de la fracturation hydraulique. La province utilise d’importants volumes de gaz naturel et a approuvé 20 parcs éoliens. L’histoire de la province « peut, doit et fera partie de l’histoire énergétique ».

La coopération interprovinciale a été un thème récurrent, notamment la possibilité d’une collaboration entre l’Alberta et le corridor de l’Est, y compris l’Ontario, ainsi que l’accès que Trans Mountain offre désormais aux marchés asiatiques. Le Canada dispose d’un cadre de redevances établi, d’un savoir-faire technique approfondi, d’une expérience réglementaire et d’une sécurité énergétique à offrir au monde. Le partage de cette expertise entre les provinces pourrait changer la conversation nationale. La Nouvelle-Écosse peut accéder au marché européen et les provinces ne devraient pas attendre que le gouvernement fédéral prenne l’initiative en matière de développement énergétique.

Accroître la confiance des investisseurs grâce à la certitude réglementaire

Un autre thème abordé dans les panels était l’écart entre le potentiel des ressources du Canada et le rythme auquel les capitaux sont déployés. Les panélistes ont reconnu que les signaux politiques de la dernière décennie ont nui à la confiance des investisseurs et que la tâche consiste maintenant à recommencer à remplir la capacité des pipelines et à rétablir la confiance.

L’Alberta s’est fixé un objectif de 120 jours pour l’approbation des projets de plus de 150 millions de dollars canadiens et revoit son cadre de redevances pour les projets greenfield afin d’encourager de nouveaux investissements. La province explore également la possibilité d’agir comme agrégateur de capacité pipelinière pouvant ensuite être sous-attribuée à de plus petits producteurs qui n’y auraient autrement pas accès. La création d’un Bureau des grands projets à l’échelle fédérale a été citée comme un développement positif, à condition qu’il n’ajoute pas une couche supplémentaire de bureaucratie.

Développement à valeur ajoutée et raffinage intérieur

Plusieurs séances ont exploré ce que signifie aller au-delà de l’exportation de produits de base bruts. La première ministre Smith a attiré l’attention sur les investissements pétrochimiques, y compris le projet Dow. Elle a également abordé le concept émergent des centres de données d’IA comme autre forme de transformation à valeur ajoutée, soit la conversion du gaz naturel en électricité, puis de l’électricité en intelligence. Les centres de données de la région de Sturgeon, en Alberta, représentent un « type différent de raffinerie ». La première ministre Smith a laissé entendre que l’avantage d’exporter des données et de l’intelligence est que cela peut se faire dès maintenant sans attendre de capacité pipelinière.

La discussion a également porté sur les obstacles au transport du pétrole canadien vers la raffinerie Irving sur la côte Est, où les règles de cabotage exigent des pétroliers battant pavillon canadien, qui sont en nombre insuffisant. Les panélistes ont convenu que le gouvernement fédéral peut aider en éliminant les obstacles réglementaires plutôt qu’en dictant les résultats. La stratégie privilégiée demeure la création de valeur à long terme près de chez nous, mais le marché américain offre aussi une importante demande immédiate. Depuis 2014, le Canada vend plus de pétrole aux États-Unis que l’Arabie saoudite.

IA, centres de données et demande d’électricité fiable

Un panel consacré a exploré l’intersection entre l’intelligence artificielle, les investissements dans les centres de données et le réseau électrique de l’Alberta. Les panélistes comprenaient Brendan McCracken, président et chef de la direction d’Ovintiv, Kirsten Trunzo, vice-présidente, ATCO Energy Systems, Jordan Heavenor, vice-président de Capital Power, et le chef Billy Morin de la Nation crie Enoch. Ce panel reflétait l’éventail des parties prenantes concernées. Le consensus était que l’occasion est réelle, mais qu’elle exige un sentiment d’urgence. Les États-Unis avancent rapidement dans l’approbation des centres de données, et le Canada risque de tirer de l’arrière si les délais demeurent trop longs.

Les avantages de l’Alberta ont de nouveau été mis en évidence cette année, notamment l’abondance de gaz naturel, un climat plus frais qui réduit les coûts de refroidissement, des terrains disponibles et l’éloignement des quartiers résidentiels. Jordan Heavenor de Capital Power a souligné que la rapidité doit être équilibrée par la fiabilité, et que l’Alberta Electric System Operator a l’obligation de maintenir la stabilité du réseau. Il a été noté que l’Alberta compte déjà de nombreuses applications d’IA dans sa file réglementaire et qu’une planification excessive ne devrait pas devenir un goulot d’étranglement.

L’harmonisation nord-américaine en matière d’infrastructure d’IA pourrait être plus réalisable que dans d’autres secteurs de l’énergie. Si l’on veut saisir cette occasion, les contraintes de capacité exigent des investissements immédiats dans les personnes et la formation.

Réalignement géopolitique et fenêtre pour les infrastructures canadiennes

Le stratège géopolitique Peter Zeihan a abordé l’évolution de l’ordre mondial. Ses remarques ont porté sur l’environnement informationnel restreint de la Chine, le déclin de la capacité manufacturière des États-Unis, les implications du commerce mondial du pétrole pour le Canada, les avancées en technologie des armes, la démondialisation et la tendance vers des chaînes d’approvisionnement localisées. Le message était que l’architecture mondiale qui a permis des décennies de libre-échange s’effrite, et que les pays disposant d’avantages en ressources naturelles et d’une gouvernance stable, comme le Canada, sont bien placés s’ils agissent avec détermination.

La relation commerciale entre les États-Unis et le Canada a été évoquée dans plusieurs discussions. Le commerce de l’énergie demeure essentiel à la relation bilatérale entre les deux pays. Des projets comme Keystone XL 2.0 et Northern Gateway (désormais appelé « Northern Shield ») sont revenus dans la conversation d’une manière qui aurait semblé improbable il y a une décennie.

Mobilisation des Autochtones et des propriétaires fonciers

Il a été question d’un dialogue précoce et soutenu avec les communautés autochtones et les propriétaires fonciers, à la fois comme exigence réglementaire et comme condition pratique préalable à la réussite des projets. Le chef Billy Morin de la Nation crie Enoch a souligné l’importance de bâtir de véritables relations individuelles. Il a noté que les communautés autochtones ne sont pas opposées au développement des ressources; elles veulent simplement y participer. Les responsables qui entretiennent déjà des relations avec des partenaires autochtones disposent d’un avantage concurrentiel. Ces relations doivent se traduire par de véritables engagements envers la participation des communautés.

La discussion a également porté sur la résistance locale et l’importance d’une communication ouverte, honnête et bidirectionnelle au moyen d’assemblées publiques et de démarches directes. La mobilisation des communautés autochtones, des commissions des services publics et des propriétaires fonciers devrait commencer bien avant le dépôt d’une demande réglementaire. Les intervenants ont recommandé des modèles de partage des risques liés aux ressources et d’autres approches qui incitent les parties à participer au développement et qui garantissent que les retombées économiques des projets profitent aux communautés touchées.

Ce que cela signifie pour votre entreprise

Les entreprises qui évaluent des projets énergétiques pourraient devoir tenir compte des changements apportés aux processus réglementaires et aux délais d’approbation au moment de planifier le séquencement du développement, du financement, de l’approvisionnement et de la construction. L’objectif de 120 jours de l’Alberta pour l’approbation des projets de plus de 150 millions de dollars canadiens et le Bureau fédéral des grands projets sont des développements susceptibles d’influer sur la planification, bien que leur incidence concrète dépende de la mise en œuvre et des exigences propres aux projets.

La coopération interprovinciale et l’accroissement de la capacité de transport pourraient créer des voies supplémentaires vers les clients et des occasions de développement à valeur ajoutée. Les entreprises pourraient vouloir évaluer comment la coordination provinciale, la capacité pipelinière, la capacité d’exportation et l’accès aux marchés de l’Est, de l’Ouest, des États-Unis, de l’Europe et de l’Asie influencent la conception des projets et les hypothèses commerciales.

La disponibilité de la main-d’œuvre, les besoins en infrastructures et la mobilisation précoce des communautés autochtones et des propriétaires fonciers demeurent des considérations importantes pour les nouveaux investissements. La planification de la formation, de l’accès au réseau ou au pipeline, de la participation communautaire et d’un dialogue bidirectionnel avant le dépôt d’une demande réglementaire peut aider à cerner les enjeux d’exécution et les contraintes de calendrier.

Perspectives

Si le thème de la 74e édition de la CEEA était le « Wild Frontier », celui de la 75e édition, « Full Throttle », portait sur l’industrie énergétique canadienne qui s’engage dans une « voie plus ouverte » afin de transformer les occasions en projets exécutés, en engagements d’investissement et en partenariats interprovinciaux. L’ambiance à Banff était optimiste, mais ancrée dans les réalités commerciales. Les conférenciers ont répété à plusieurs reprises que l’alignement actuel de la volonté politique, de la demande du marché et de la nécessité géopolitique ne durera pas forcément. Le message adressé à l’industrie était clair : agir dès maintenant et rapidement, bâtir de façon durable et faire participer tous les intervenants dès le début.

Groupe Énergie de Bennett Jones

Bennett Jones est le principal cabinet d’avocats spécialisé en énergie au Canada, avec le plus grand groupe dédié à l’énergie au pays, actif dans tous les secteurs de l’industrie. Nous serions heureux de discuter de la façon dont les thèmes mis en lumière à la CEEA 75, y compris les délais réglementaires et d’approbation, l’accès aux marchés, le développement à valeur ajoutée et la mobilisation des Autochtones et des propriétaires fonciers, peuvent influer sur votre entreprise et sur la manière de vous y préparer. Veuillez communiquer avec l’un des auteurs ci-dessus ou avec le groupe Engery de Bennett Jones pour poursuivre la conversation.

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Note : Cette traduction a été générée par l’intelligence artificielle.

Auteur(e)s

Steven L. Major KC, Associé
Calgary  •   403.298.3643  •   majors@bennettjones.com
Audrix Arce, Avocat
Calgary  •   403.298.3685  •   arcea@bennettjones.com