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Le gouvernement de l’Ontario sollicite des commentaires sur la législation sur la protection des renseignements personnels dans le secteur privé

01 septembre 2020

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Écrit par Stephen Burns, Michael Whitt, Ruth Promislow and Kees de Ridder

Le ministère des Services gouvernementaux et des Services aux consommateurs de l’Ontario a récemment annoncé qu’il envisageait une nouvelle loi sur la protection des renseignements personnels dans le secteur privé (PSPL) pour régir la façon dont les entreprises recueillent, utilisent et communiquent les données des clients. Le ministère sollicite les commentaires de la population ontarienne afin de régler les principaux enjeux de ce nouveau cadre de protection de la vie privée. La date limite pour les commentaires du public est le 1er octobre 2020.

Historique

L’Ontario a déjà des lois sur la protection des renseignements personnels qui s’appliquent aux institutions gouvernementales et aux fournisseurs de soins de santé particuliers. À l’heure actuelle, l’Ontario n’a pas son propre PSPL applicable aux organisations commerciales. Pour l’instant, l’Ontario s’appuie sur la Loi sur la protection des renseignements personnels et les documents électroniques du gouvernement fédéral, qui s’applique à l’échelle provinciale lorsqu’il n’y a pas de PLCI provinciale essentiellement similaire. L’Alberta, le Québec et la Colombie-Britannique ont leurs propres LPP. En plus de ces homologues provinciaux et fédéraux, l’Ontario se tournera vers le Règlement général sur la protection des données (RGPD) de l’Union européenne pour obtenir des conseils.

Le ministère a cerné huit domaines clés que la nouvelle loi doit aborder :

  1. Transparence : Combien de détails les organisations doivent fournir aux personnes sur la façon dont leurs renseignements sont utilisés.
  2. Consentement : Comment les individus peuvent donner et révoquer le consentement pour le traitement de leurs données.
  3. Droit à l’oubli : Comment les personnes peuvent demander que leurs renseignements soient supprimés ou dé-indexés.
  4. Portabilité : comment les individus peuvent migrer leurs données entre les organisations. 
  5. Application de la loi : Comment le nouveau PSPL peut être appliqué, par exemple par des ordonnances et des amendes. 
  6. Dépersonnalisation : Comment les renseignements personnels peuvent être dépersonnalés et comment ces données dépersonnalées peuvent être utilisées. 
  7. Portée : En plus des organisations commerciales, le nouveau PSPL devrait-il s’appliquer aux organisations non commerciales, comme les organismes sans but lucratif, les organismes de bienfaisance, les syndicats et les partis politiques? 
  8. Fiducies de données : Comment les données peuvent être partagées entre les organisations, libérant ainsi la valeur de ces données à de nouvelles fins dans l’intérêt public.

Ce que nous savons jusqu’à présent

Le nouveau PSPL de l’Ontario ne sera pas une solution universelle. Le Ministère a laissé entendre qu’il élaborerait différentes stratégies pour les petites, moyennes et grandes organisations. En d’autres termes, les géants de l’industrie technologique peuvent être soumis à des règles différentes de celles d’une petite entreprise locale avec une boutique en ligne. Il s’agit d’une bonne nouvelle pour les petites et moyennes entreprises, dont bon nombre ont été forcées par la COVID-19 d’offrir des services en ligne pour la première fois.

Le commissaire à l’information et à la protection de la vie privée de l’Ontario sera probablement responsable de l’administration du nouveau PSPL, comme il le fait déjà pour d’autres lois sur la protection des renseignements personnels en Ontario. Cela est conforme à l’approche adoptée dans d’autres provinces.

La demande de rétroaction du ministère souligne que le nouveau PSPL doit être une « solution faite en Ontario pour relever les défis actuels en matière de protection de la vie privée, une solution qui convient à la taille et au teint de l’Ontario, et qui favorisera l’innovation pour les entreprises, les associations et les autres organisations de l’Ontario ». Cela donne à penser que le nouveau PSPL pourrait s’écarter de lois semblables en Alberta, en Colombie-Britannique et au Québec. Les entités opérant dans plusieurs juridictions devraient examiner attentivement comment elles peuvent se conformer simultanément à toutes les PSPL applicables.

Bennett Jones serait heureux de vous aider à naviguer dans le cadre complexe de la législation canadienne sur la protection de la vie privée. Si vous souhaitez en savoir plus, s’il vous plaît contacter les auteurs de ce post.  

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